XII
[Suite du même feuillet]
[p. 2] 24 gbre 1836. J'ai revu depuis plusieurs fois G. S[and] et entr'autres chez Mme d’Afgoult] à une mémorable soirée, samedi dernier, je crois, où se trouvait ! l'abbé de la Mfennais], le poète Miskievitz ?, Nourrit ?, Massard, Mayer Beer4, d’Eckstein et plusieurs autres illustrations. Je ne pus m'empêcher de lui parler de ses Lettres d’un Voyageur adressées à Didier 5 et à Mayer Beer f, car elle m'avait recommandé de les lire 7. Elle parut satisfaite de ce que je lui en dis, mais elle me quitta bientôt parce que son fils, disait-elle, était malade. Elle revint bientôt. On chanta. Nourrit que je n’aime guère au théâtre fut admirable d'expression. La musique est toujours entre elle et moi qui la connais si peu meilleur $ que la parole. L'abbé de I[a] Mfennais] m’a parlé avec enthousiasme de Lelia. On s’est retiré tard de cette soirée vraiment artiste. Le soir, pluie effroyable.
1 Sic. — entr'auftres] effacé.
Se
3 Adolphe Nourrit (1802-1839), chanteur de l’opéra qui a été un habitué de ce groupe. George Sand parle d’ «un dîner où Liszt avait réuni M. Lamennais, M. Ballanche, le chanteur Nourrit et elle » (Histoire de ma vie, Vme partie, chap. VIII). Dans une lettre du 20 décembre 1836, G. Sand annonce à Scipion du Roure : « Jeudi, nous avons notre soirée avec Liszt au piano, Nourrit, etc. » (W. Karenine : G. Sand, t. II, 1899, p. 346). Il semble que G. Sand personnifie pour une part, dans Consuelo, la piété de Nourrit pour son art (Jbid., p. 391). De même dans Adrian (Ibid., t. IV, 1926, p. 314). Sur Nourrit, cf. Legouvé : Soixante ans de souvenirs, t. II.