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21 8bre 1841
I1 y a une huitaine de jour, j'ai dîné chez Mme B. 1, rue de C., où la fille de Mme du Dfevant] est en pension, et M. B. nous a lu une lettre qu'il venait de recevoir de cette femme remarquable. Elle y appréciait d’une manière fort nette les qualités de sa fille et ses défauts. Cette lettre est fort belle ? et signifie beaucoup. Selon sa mère, Mlle $. % n'aurait aucune tendance poétique dans les idées 4, mais en revanche, elle aurait un jugement vigoureux et une mémoire nette qui lui permettrait d'écrire quelques bons morceaux d'histoire. — Elle se plaignait d’une forfanterie de paresse qu’il fallait vaincre et en dernière analyse semblait s'occuper avec sollicitude de cette éducation difficile. — Il serait curieux qu'un historien remarquable succédât à toute cette pompe d'imagination ?.
1 «... À ChaïHot, chez Mme Bascans, — précise G. Sand dans l'Histoire de ma vie (Vme Partie, chap. 13)... Installée dans une maison charmante et dans un lieu magnifique, objet des plus doux soins et favorisée des leçons particulières de M. Bascans, un homme de vrai mérite, elle [sa fille] daigna enfin s’apercevoir que la culture de l'intelligence pourrait bien être autre chose qu’une vexation gratuite. » Sur la pension Bascans, cf. Sainte-Beuve, dans son article sur Marceline Desbordes-Valmore (Nouveaux Lundis, t. XII, p. 169), et le Livre d'Or de Sainte-Reuve, 1904, p. 316 sqq. M. Bascans était un ancien rédacteur du National, lié avec Armand Marrast. -
? belle, au-dessus de remarquable, effacé.
# Solange, née en septembre 1828, à Nohant. Le jugement que sa mère porte sur elle dans l'Histoire de ma vie confirme le témoignage de Denis : « Son esprit impatient ne pouvait se fixer à rien, et cela était désespérant, car l'intelligence, la mémoire et la compréhension étaient magnifiques chez elle. » (Vme Partie, chap. 13.) V. Samuel Rocheblave : G. Sand et sa fille. Revue des Deux Mondes, février-mars-mai 1905.
4 Même jugement chez Mme d’Agoult sur Solange Dudevant « intelligence qui paraît propre aux sciences exactes » (Mémoires, 1927, p. 82).
5 Il n’est pas inutile de se rappeler que George Sand avait eu dans son enfance une prédilection marquée pour l’histoire : « L'histoire nous transporte loin de nousmêmes surtout celle des temps reculés et des civilisations évanouies. Je me rassérénai souvent avec Plutarque, Tite Live, Hérodote, etc. » (Histoire de ma vie, 1893, t. IIT, p. 360). Elle brodait alors volontiers les extraits d’histoire qu’on lui faisait faire. (Jbid., p. 6.\