XLIII] LEA 20. X
19 Novembre 1842. Vu M. de Humboldt 1 dans son cabinet à l’Institut. Il était en conférence avec M. de Castelneau ?. Je le crois du moins et j ai attendu longtems, entendant vaguement la ? conversation de ces deux hommes qui joueront uñ grand rôle dans la science, l’un devenant l'initiateur de l’autre *. J’allais offrir à Humboldt lé buste de D. Henrique qu’il a accepté gracieusement, disant qu’il voulait en faire hommage à-quelque musée de l'Allemagne. [4] Cela doit faire grand plaisir à M. de Santarem 6, [__] Vous oubliez, Monsieur, notre différend ; et j'ai raconté de nouveau l’histoire d’Azurara 7. — Oh ! cela est vrai, cela est vrai. Eh !
1 Alexandre de Humboldt, cf. No XVIII, note 2. :
2 Sic. — Francis de Castelnau (1812-1880) naturaliste et voyageur françäis qui fera, de 1843 à 1847, un voyage en Amérique du Sud à la tête d’une expédition scientifique dont il rendra compte dans son Histoire du Voyage... (1850-1852, 6 vol. in-8). — Denis orthographie également Castelneau à l’Index de son Monde Enchanté (1843).
8 discussion, ffdcé. E *s
- 4 F. de Castelnau préparait ne son. grand voyage..Dans Le Monde: En RE (1843, p. 289), F. Denis, en l’annonçant, citera.ce passage des journaux d'octobre : « Nous avons déjà eu plusieurs fois occasion de parler du voyage que va entreprendre M. de Castelnau aux parties centrales de l'Amérique du Sud, par ordre du gouvernement français, et nous pensons qu'on ne lira pas sans intérêt quelques détails sur cette expédition dont le plan est un des plus vastes qui aient été encore conçus. » Etil annoncera que les « actives recherches » de-eet « intrépide:moyageur » sont appelées ‘à préciser certaines recherches antérieures de Humboldt.. : «… AGE
5 Don Henvrique (1394-1463 ?) infant de Portugal, fils de Jean-Ier. « Don Henrique, le célèbre infant, qui, dans l’ordre des grands explorateurs, est le prédécesseur naturel de Colomb... » (F. Denis, ‘Chroniques Chevaleresques, 1839, t.-II, p. 43). Cf. Le Monde Enchanté, 1843, p. 350.
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7 Cf: No XVIIT, note 3. — Ce différend concerne l'édition publiée par le vicomte de Santarem du manuscrit découvert à la Bibliothèque Royale par F. Denis : Chronica do descobrimento e conquista de Guine escripta por mandado d’el rei D. Afjonso V, sob a direcçao scientifica e segundo as instruccoès do infante D. Henrique, (Paris,-1841) avec une introduction, des notes et un glossaire. Denis, sans doute, avait, après sa découverte; demandé dés éclaircissements à Santarem, « l’un des derniers successeurs de Gomez Eanez... dont la science et l’obligeance ne sont jamais en défaut» (Chroniques ‘Chevaleresques.…., 1839, t. II, p. 52). Il avait tiré parti (Zbid.) d'une lettre de Santarem, du 14 décembre 1838:(Bibl. Sainte-Geneviève, ms. 3418), sur les « méfaits de Gomez Eanes dé Azurara ». De son côté, Santarem mentionne, p. XV de son introduction, le nom de Denis qui a, dit-il, découvert et fait connaître cette chronique que lui-même avait cherchée vainement, en raison de son classement insolite. Mais Denis tenait à sa priorité. I1 avait insisté, dans ses Chroniques Chevaleresques, t. Il; p. 43 :Sqq, sur la « prodigieuse rareté » du manuscrit découvert et avait ajouté :.« L'un des hommes lies plus instruits que possède aujourd’hui le Portugal, M. le Vicomte de Santarem;
bien, j'aime assez la vengeance. Ne ferez-vous rien ? Et je lui ai conté quelles étaient mes intentions à ceisujet. Il m'a approuvé comme m’approuveront tous les honnêtes gens. Nous avons beaucoup causé, mais par bonds et par saccades, car il allait monter à la séance. Il m'a fort parlé du lac de Guatavita 1 et ses trésors et m'a demandé mon Monde enchanté que je ne lui destinais pas bien que je le cite dans ce petit livre ?.
Le lendemain, le jour même peut-être — j'ai vu chez Mme Desforge un libraire de L'Orient * et il m'a donné une juste idée de ce que valent les poètes même de valeur aux yeux de certaines gens : M. Leroux Cassard 4 m'avoua ingénuement qu'il avait acheté 12/13 exemplaires] du poème de Marie 5 et qui 6 lui en restait tout juste 1. Un de ces petits volumes avait été acheté par la belle fille de Cuvier {[?]. :
Il y a quinze jours environ, j'’allai chez M. de Montalembert ? ‘pour lui offrir un D. Henrique, il était parti pour Madère avec sa femme dont la santé donne des inquiétudes 8. Je compte lui écrire le but de ma visite aux lieux mêmes où devrait être placé le buste du grand homme.
Ternaux Compans a fait ses, visites pour l'Institut ?= x"
n’a pu lui-même insérer le titre de ce précieux manuscrit dans son excellent catalogue, parce que le classement du livre lui en avait dérobé la connaissance. » Il dut juger que, par sa publication, l'écrivain portugais lui prenait son bien.
1 Dans son Monde Enchanté, p. 288, Denis précise cette allusion : « Nous ajou-
terons à tous ces faits sur l’El Dorado une anecdote récente et généralement ignorée : M. de Humboldt avant dans sa dernière édition, format in-8°, donné de nouveaux détails sur ce fameux lac de Guatavita où s’accomplissaient les actes de l’ancien Dorado et où l’on suppose que de nombreux trésors sont enfouis, une compagnie anglaise s'empara de cette révélation, historique et se constitua pour l’exploitation du lac. Malheureusement, les résultats ne répondirent pas à. l'attente. des spéculateurs ‘et ils eurent l'étrange pensée de traduire le nom de l’illustre voyageur à la pores du parlement, comme l'attestent les derniers débats d'Angleterre. » 2? Le Monde Enchanté, cosmographie et histoire naturelle fantatisques du moyen âve, par M. Ferdinand Denis, Paris, Fournier. Cet ouvrage qui porte la date de 1843, cite en effet plusieurs fois Humboldt (p. 142; 213; 224; 227; 275; 288) et vante « son éloquence naturelle » (p. 227). C’est même à Humboldt| qu’il emprunte son épigrapbe.
RSS :
4 S'agit-il de Pierre Leroux, libraire de Lorient, breveté le 17 juillet 1827 ?
5 Sur Brizeux et son poème cf. N° XX, note 2. :
SRSTG-
7 Denis admirait la Sainte-Ehisabeth de Montalembert, et celui-ci les Chroniques Chevaleresques de Denis. C’est sans doute à l’occasion de ces Chroniques que s'étaient nouées leurs relations (v. Avant-Propos). RP !
8 Montalembert et sa femme s'étaient embarqués le 15 octobre 1842 à Southampton. Sur ce séjour à Madère, d’où Montalembert sera rappelé en avril 1843, PA Lecanuet : Montalembert, t. IT, 1909, Pp. 156-161.
9 Ternaux-Compans n’entrera pas à l’Institut,
CAP CURRSS