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ESS 231 F

18 Mars 1845

Rencontré longuement V. 1. Il est maintenant dans toute la vigueur de sa raison, mais aussi dans toute la vigueur de sa haine contre les ministres.

1 Très probablement Villemain. — En 1845, Villemain avait eu, pendant plusieurs semaines, une crise de démence qui avait imposé sa démission du ministère. Sainte-Beuve s'était hâté de prononcer l’oraison funèbre de son intelligence (CAroniques Parisiennes, p. 292). Cette crise semble avoir affecté la forme d’une folie de la persécution : « M. Villemain fut saisi d’une frayeur étrange : la peur des jésuites. Il en voyait partout. Il se croyait l’objet de leurs persécutions. S’égarait-il un papier dans son cabinet, c'étaient les jésuites qui le lui avaient dérobé pour s’en armer contre lui. Les garçons de bureau, les employés, les chefs de service même, lui semblaient autant d’espions mis auprès de lui par les Jésuites pour le dénoncer ; si bien qu’un jour, après le conseil des ministres, le roi Louis-Philippe dit à M. Guizot, de qui je tiens le mot : « Ah! ça, mon cher M. Guizot, vous ne vous apercevez pas que votre ministre de l’Instruction publique devient fou... » Comme son intelligence n’était pas réellement atteinte, quelques semaines de repos suffirent pour le rendre au bon sens, au travail, aux succès littéraires et académiques ; mais le caractère resta malade. I] allait s’enfonçant chaque jour davantage dans la misanthropie et les idées sombres. » (Legouvé : Soixante ans de souvenirs, 1886, t. I, p. 126). — Sur Villemain, cf. No XLVII.

Denis loue (Chroniques Chevaleresques, 1830, t. I, p. 109) la « sagacité habituelle » de M. Villemain.

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