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Le 8 Septembre 1845 vers 4 h[eures] de l’après-midi, j'ai rencontré 1 à l’encoignure de la rue du Cocq St-Honoré mon très ancien ami S[ainte]- Bfeuve]. Je l’ai salué, mais il ne m'avait pas vu, affirma-t-il sur une observation assez vive de ma part, et une explication s’en est suivie dans la rue en face. Nous nous sommes quittés en nous donnant la main durant le long exposé qu’il m'a fait de son mode d'existence. — J'ai bien reconnu une vieillesse anticipée et une tristesse incurable ?. J'ai reconnu également la prodigieuse mémoire de foutes choses, gardée au fond de cette intelligence déliée. Trois jours après, il m’a envoyé gracieusement une édition de ses poésies complètes %. — J'ai été pour le remercier au Palais de l’Institut où 1l loge 4 et ne l’ayant point trouvé, ma carte avec quelques mots de remerciement ont 5 dû lui être remis.
1 Un mot effacé.
? Sur les « déceptions et tristesses » de Sainte-Beuve aux environs de 1845, cf. : Gustave Michaut : Sainte-Beuve avant les Lundis, 1903, p. 485 sqq.
3 Une deuxième édition de ces Poésies venait de paraître (1 volume in-12, Charpentier, 1845).
4 Sainte-Beuve était, depuis 1840, conservateur de la Mazarine.
5 SIC