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M. VICTOR BORIE

M. Victor Borie est Un écrivain. Ses travaux les plus importants étant des ouvrages sur l'agriculture, il eût pu les écrire à « coups de pioche ; » on doit savoir gré à M. Borie, de s'être tout au contraire, servi d'une plume bien aiguisée. M. Borie a commencé par l'étude des sciences sociales, il est parti du composé pour arriver au simple. Qu'importe le chemin pris si l'on arrive. Il avait voulu étudier le cœur de l'homme tout d'abord ; c'est le prélude obligé de toute existence remplie, mais la besogne est aride, et dût-on se piquer les doigts, le classement dans l'herbier des trouvailles faites par une belle matinée de printemps réjouit bien davantage l'esprit du chercheur s'il est quelque peu poète.

Deux grands hommes, Pierre Leroux et Georges Sand,ont associé M. Victor Borie à la publication de XEdaireur de V Indre, une feuille radicale, qui lançait

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en avant-coureur les bombes incendiaires qui ont mis le feu au trône de Juillet. L'imprimeur du journal était l'intéressant philosophe socialiste M. Pierre Leroux.

Aux attaques passionnées les procès répondirent. Nous retrouvons M. Victor Borie à Paris lors de la Révolution de 1848. C'est à cette époque que madame Sand et M. Rochery fondèrent avec le jeune polémiste, la Cause du peuple, un journal qui eut trois numéros. Il faut croire que les intérêts défendus ne tenaient guère au cœur de la masse, et cependant le canon venait de donner des avertissements au Moniteur (heureuse expression de M. Antonin Mule).

Après la mise en oubli de la la Cause du peuple M. Borie alla créer dans le Berry le Travailleur, un nouveau journal qui l'obligea d'opter entre la Belgique et la prison. Le choix fut bientôt fait, le journaliste passa la frontière.

M. Victor Borie revint à Paris cependant. L'amnistie du 2 décembre 1852 trouva le rédacteur du Travailleur aux Madelonnettes où depuis six mois, il paraphrasait « l'histoire de politiques » du glacial dessinateur Gavarni.

Le résultat de ces réflexions fut tel que M. Borie entra au Journal d'agriculture pratique de M. Bixio.

Puis il se chargea de la rédaction de la partie agricole au journal La Presse. Et enfin on le compte au nombre des meilleurs rédacteurs du Siècle.

M. Victor Borie est devenu rédacteur en chef d'un journal spécial, Y Écho agricole. Il y défend avec autorité le principe de la liberté commerciale. On a aussi de cet écrivain laborieux et savant deux volumes intitulés : Y Année rustique, et un grand nombre de livres sur les travaux de la campagne. Citons une publication nouvelle dans cet esprit : les Jeudis de M. Dulaurier, ouvrage destiné à propager les éléments d'agriculture dans les écoles primaires. C'est un instituteur qui fait des promenades à travers champs avec ses élèves.

M. Borie est sur le point de publier, avec la librairie agricole, un grand ouvrage de luxe in-4° avec des aquarelles à chaque livraison réprésentant, bœufs, vaches, taureaux, chevaux, moutons, etc., quatre volumes à 60 francs.

Les réflexions inspirées à M. Victor Borie par le séjour de la prison ont permis à ce spirituel écrivain d'accepter le brevet de chevalier de la légion d'Honneur.

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