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CHARLES F LOQUET

Cette lettre est toute la biographie de M. Charles Floquet; elle montre une franchise rare, une digne

fierté, et une fermeté de conviction que nous retrouverons dans tous ses actes. M. Floquet est une nouvelle recrue du Siècle. Il n'a pas encore eu le temps d'écrire clans ce journal assez d'articles pour que nous puissions le juger; mais chez lui le passé répond de l'avenir, et nous sommes assuré que M. Havin n'aura qu'à se féliciter d'avoir grossi le nombre de sa valeureuse armée.

Au premier signal de la déchéance royale, 24 février 1848, Charles Floquet, poussé par sa nature enthousiaste et essentiellement républicaine, sort du collège et va se joindre à la révolution. En juin de la même année, il entre, par voie de concours, à l'école d'administration fondée par le gouvernement provisoire, école qui fut bientôt supprimée par la réaction triomphante. Charles Floquet fit alors son droit, et prêta serment d'avocat en juin 1851, et depuis le 2 décembre suivant nous le voyons prêter l'appui de sa parole chaleureuse à des causes politiques de grande importance.

Charles Floquet a, en effet, plaidé dans les affaires suivantes : Complot de l'Hyppodrome et de l'Opéra-Gomique (1853) ; complot de Tibaldi, Mazzini, Ledru-Rollin (1856); affaire secrète Miot, Greppo

et autres (1862) ; affaire de M. Taule accusé, d'intelligences à l'étranger 1862) ; puis un certain nombre d'affaires de presse.

En 1859, Charles Floquet s'était joint à un petit groupe déjeunes gens qui avaient voulu relever dans le Courrier de Paris une véritable tribune démocratique et libérale. Le journal eut deux avertissements en moins de quinze jours et ne vécut que six semaines, non sans avoir jeté quelque éclat. Charles Floquet avait soulevé dans cette feuille une campagne en soutenant qu'on avait le droit de discuter les séances législatives, chose que tous les journaux proclamaient alors illégale. Lorsque plus tard, après les décrets du 24 novembre 1859, la presse s'enhardit un peu, et que l'usage de discuter les séances législatives fut repris et généralisé, on reconnut que Floquet avait eu raison. Le Journal des Débats, la Presse et divers ouvrages : Les Droits politiques dans l'élection, Le Dictionnaire politique, firent honneur à M. Floquet de l'initiative qu'il avait prise alors que tout le monde se taisait sur ce point.

En 1861, quelques mois après la fondation du journal le Temps, M. Floquet en devint collaborateur. Sa participation à la rédaction du journal devint de plus en plus active. Il rédigeait surtout les articles de droit public et constitutionnel, et pen-

dant les sessions, les appréciations des séances parlementaires.

Vers la fin de l'année 1863, il publia dans le Temps un article sur la célèbre affaire Doize, à la suite duquel une souscription fut organisée pour donner une réparation à cette victime nouvelle de l'erreur judiciaire. M.Floquet fut secrétaire du comité chargé de réaliser cette réparation, comité qui se composait de MM. Odilon Barrot, Berryer, J. Favre, Marie, Plocque, Ernest Picard, Havin, Guéroult, Nefftzer.

Le 21 avril 1864, le Temps reçut un avertissement motivé par un remarquable article de son collaborateur Floquet, intitulé : Paix et liberté.

Enfin, le 4 mai 1864, par suite de dissentiments politiques, M. Floquet se sépara de M. Nefftzer.

En avril 1863, quelque temps avant les élections générales, un comité d'électeurs de l'Hérault offrit à M. Floquet la candidature de la deuxième circonscription. Cette offre était uniquement motivée par certains articles de M. Floquet dans le Temps, car il n'était pas personnellement connu dans l'Hérault. Non sans hésitation, il accepte, se rend à Bézierset après une rude campagne électorale, obtient une minorité respectable, environ 7,000 voix.

En 1864, M. Floquet est prévenu dans le procès dit des Treize et condamné, en fort bonne compa-

gnie, ma foi, avec MM. Garnot, Garnier-Pagès, etc. Il avait été un des rédacteurs du Manuel électoral.

Quoique rédacteur en pied au Siècle, M. Charles Floquet ne continue pas moins à exercer la profession d'avocat, et parmi les affaires qu'il a plaidées cette année, nous citerons un procès contre le docteur Desmares en responsabilité médicale.

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