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mais justice pour ceux qui ont entraîné les masses. Une législation, conciliant les intérêts sociaux avec les conséquences légitimes de la révolution de février, une législation équitable et ferme est nécessaire pour prévenir ces crimes. Ce soin sera laissé aux délibérations de l'Assemblée nationale.
2 juillet. — Le Siècle dit qu'après la révolution de février, le gouvernement provisoire aurait dû ne rien négliger pour favoriser l'industrie, pour maintenir l'activité du travail. L'Assemblée nationale se gardera des périlleuses, utopies, mais elle sanctionnera les mesures qui tendent à une amélioration sérieuse, efficace, du sort des classes laborieuses. Le plus pressant problème, dit le Siècle, c'est la prompte reprise des travaux productifs. Quant aux essais d'avenir, le décret relatif aux associations d'ouvriers et aux associations entre patrons et ouvriers permettra de réaliser tous ceux qui présentent des chances de succès.
13 juillet. — La république que nous voulons, dit le Siècle, n'est ni celle des ouvriers, ni celle des paysans, ni celle des bourgeois : c'est la république dit peuple tout entier, sans distinction de classes, la république où la majorité décide sous sa seule responsabilité morale devant Dieu et devant les générations futures. Cette république, nous la vou-
Ions avec toute la France pour clore à jamais l'ère des révolutions, en ouvrant celle des réformes pro gressives.
- 21 juillet. — Sous ce titre : Du socialisme et de l'économie politique, M. Jules Le Bastier pose en ces termes le problème social : obtenir des conditions d'organisation économique et sociale par lesquelles chaque membre de la société puisse acquérir un bien-être physique et moral proportionné à l'exercice régulier et au développement de ses facultés personnelles.
24 juillet. — Les obsèques de M. de Chateaubriand ont eu lieu le 22 à Saint-Malo. Trois discours ont été prononcés. Le Siècle publie celui de M. Ampère qui a produit sur tous les assistans une profonde impression.
26 juillet. — Le Siècle publie le rapport de M. Thiers sur la proposition du citoyen Proudhon, qui consiste à s'emparer du tiers des fermages, des loyers, des intérêts de capitaux, dans un double but d'impôt et de crédit. Le comité des finances, par l'organe de son rapporteur, déclare à l'unanimité qu'elle ne prend pas en considération cette
proposition.
31 juillet. — La proposition de M. Proudhon
a été soumise aux délibérations de l'Assemblée.
M. Proudhon a occupé la tribune pendant trois heures, abusant de la tolérance, dit le Siècle, franchissant toutes les limites imposées à l'inviolabilité de la parole du représentant. On a demandé l'ordre du jour contre lequel deux personnes seulement ont voté sur 693 votants! MM. Proudhon et Greppo.
2 août. — Le Siècle examine les belles promesses faites par Y Union et la Gazette de France, au nom du parti légitimiste; il n'en est nullement séduit. Puisque nous avons la République, puisque nous avons traversé les épreuves sanglantes que nous redoutions avant d'y arriver, nous ne voulons pas, au prix des mêmes épreuves, retourner en arrière, et nous ferons tout ce qui dépendra de nous pour que cette République honnête, pure, honorée, dégagée de toute tradition démagogique, exempte d'esprit de haine, de violence et d'exclusion, se fasse accepter définitivement par toute la France.
6 août. — Notre diplomatie, selon le Siècle, n'a pas compris que 1 Italie désire l'intervention diplomatique de la France, tout en affectant de la maudire; dans la question italienne, elle n'a eu ni pensée propre ni but certain. Elle a regardé. Aujourd'hui les Autrichiens menacent Milan; la diète de Francfort les appuie, la Hongrie leur vend ses soldats, l'Italie est compromise; la paix européenne est en
jeu. Il serait temps que la France déclarât sa pensée. Qu'on se hâte, qu'on parle ou qu'on agisse.
16 août. — Le comité du travail a présenté un projet sur les coalitions. Il propose, par l'organe de M. Rouher, de modifier les articlees 414, 415 et 416, de manière à soumettre les patrons et les ouvriers a une pénalité uniforme pour des délits pareils. Le Siècle blâme cette intervention légale dans les questions de travail ; pénétré de la pensée de Turgot, il ne voudrait pas que l'entente commune de plusieurs personnes qui déterminent le prix auquel leur coopération sera acquise, constituât un délit. Si nous voulons, dit-il, que les travailleurs s'élèvent en dignité morale, cessons de les traiter comme des mineurs.
26 août. — La séance à l'Assemblée nationale n'a été levée qu'à six heures du matin. On a autorisé les poursuites contre MM. Caussidière et Louis Blanc, à raison de l'attentat du 15 mai. MM. Bac et Flocon ont parlé en faveur de Caussidière et Louis Blanc.
28 août. — M. Cousin développe, dans les colonnes du Siècle, un projet de philosophie populaire. Il affirme qu'on peut enseigner au peuple la philosophie, qui est la science des grandes vérités intellectuelles et morales. Les développements de cet
article tiennent trois colonnes et demie du journal. Qu'est devenu ce projet? S'adresser rue de Poitiers.
1 7 septembre. — Le Siècle constate qu'il règne une très-grande agitation dans les rues de Paris; il attribue cette agitation à l'élection de trois représentants, qui sont d'un côté : Thoré, Raspail et Cabet; de l'autre, Adam, Gervais (de Caen), Roger (du Nord) ; il invite les électeurs à ne pas s'abstenir.
21 septembre. — Sont élus : Louis-Napoléon, Achille Fould, Raspail.
14 octobre. — Le Siècle repousse énergiquement toutes les distinctions qu'on prétend établir entre les républicains. Si l'on veut que la France, dit-il, qui n'était pas républicaine il y a un an, accepte franchement le régime nouveau, n'est il pas temps de renoncer à faire de la République le patrimoine d'un parti?
27 octobre. — L'élection du président de la République est fixée au 10 décembre prochain. Déjà les esprits sont agités. On cite des noms de candidats à la présidence. La Presse s'écrie : « M. Louis- Napoléon, c'est l'avenir! » Le Siècle lui répond : Louis-Napoléon, c'est l'inconnu!
7 novembre. — Le Siècle se prononce pour la candidature à la présidence en faveur de Gavaignac.
Après un parallèle entre les deux candidats, il conclut ainsi : avec M. Cavaignac, la révolution peut finir; avec M. Louis-Bonaparte elle continue. Pour lui, dans cette solennelle épreuve, il veut rester fidèle à une politique qui lui est chère, politique consacrée par le souvenir des souffrances de l'humanité, et qui consiste à tout faire pour améliorer les gouvernements établis, au lieu de les renverser, jusqu'à l'heure où ils n'offrent plus ni garantie ni espérance.
42 novembre. — Le Siècle reproche à la Presse de reproduire d'interminables et d'absurdes calomnies contre le général Gavaignac. Jamais, dit-il, on n'avait vu, sous l'influence d'une passion personnelle, distiller tant de poisons et de haines. Si la liberté de la presse était ainsi comprise par tous les journaux, bientôt elle ferait horreur.
20 novembre. — Le Siècle insère une longue lettre de M. Ferdinand Barrot en faveur de la candidature de M. Louis-Bonaparte ; cette lettre est suivie de critiques modérées que signe M. Chambolle.
28 novembre. — Le manifeste électoral de M. Louis-Bonaparte est publié par le Siècle.
1er décembre. — Pour répondre aux nombreuses accusations dirigées avec tant de mauvaise foi contre le général Gavaignac, le Siècle oppose les discours
prononcés par le général dans la séance de samedi ; il envoie donc aux maires des 37,000 communes de France un numéro spécial contenant les réponses faites par le chef du pouvoir exécutif à MM. Barthélémy Saint-Hilaire et Ledru-Rollin.
8 décembre. — Le Siècle soutient énergiquement la candidature du général Cavaignac.
9 décembre. — Allez voter ! s'écrie le Siècle. Jamais citoyens ne tinrent entre leurs mains de plus grandes destinées; mais souvenez-vous aussi que jamais citoyens ne furent chargés devant l'histoire d'une responsabilité plus grande. Partisans de la contre-révolution, la France peut périr dans votre triomphe ; amis de l'ordre, de la paix, du bien public, votre victoire est deux fois sainte, elle est la victoire même de la société et de la patrie.
11 décembre. — Le scrutin est fermé. Nous ne gardons plus, dit le Siècle, désormais aucun souvenir de nos prédilections ni de nos répugnances. Quel que soit l'élu de la nation, nous espérons qu'il s'attachera à réconcilier les partis, à protéger tous les intérêts, à maintenir tous les droits.
20 décembre. — Le président de la République est proclamé. M. Louis-Bonaparte a obtenu 5,434,000 suffrages. Là cérémonie d'inauguration a été simple et touchante, dit le Siècle.
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24 décembre. — Le Siècle demande au nouveau pouvoir ce qu'on attend vainement depuis bien des années, un gouvernement juste, sensé, national. Pour cela il n'est pas besoin de génie ni d'héroïsme, mais seulement d'honnêteté : les grandes pensées viennent du cœur.
La cérémonie destinée à servir d'installation à la présidence de M. Louis-Bonaparte, tout le monde l'a remarqué, dit le Siècle, a été toute républicaine.
1849. — 10 janvier. — Le Siècle examine brièvement l'écrit de M. Guizot sur la Démocratie; selon l'auteur de ce livre, le mal, le grand mal de la société actuelle, c'est l'idolâtrie démocratique. Ce manifeste, c'est celui du passé, non de l'avenir. On doit s'attendre à ces retours, il ne faut pas s'en indigner.
14 janvier. — L&Siècle est contre la proposition Râteau. Vouloir remplacer une assemblée par une autre assemblée, dit-il, un ministère par un autre ministère, un président par un roi. ce n'est point
marcher vers une solution, c'est tourner dans un cercle vicieux sans avancer vers le but.
27 janvier. — Le Siècle constate une gravité nouvelle dans la situation ; il rapporte que beaucoup d'esprits sont frappés des analogies qu'elle présente avec les événements qui ont précédé la Révolution du 24 février. Un conflit lui semble inévitable, et quel que soit le parti qui l'aura provoqué, il faut s'attendre, dit-il, à une longue série de malheurs et de désastres.
29 janvier. — Une agitation extraordinaire s'est manifestée dans Paris ; un déploiement considérable de troupes a eu lieu autour de l'Assemblée nationale, le rappel a été battu dans plusieurs quartiers, de nombreuses arrestations ont été faites, des bruits sinistres ont circulé. Tout cet appareil militaire devait protéger l'Assemblée nationale et la liberté de ses délibérations.
ler février. — Le Siècle adjure les hommes qui ont rencontré des obstacles, des répulsions, de ne pas se montrer aveugles, injustes, défiants à leur tour. Nous ne cesserons de le répéter, dit-il, jusqu'à ce que notre vœu soit entendu, et, s'il ne doit pas l'être, si de nouvelles calamités nous surprennent, au milieu de nos pitoyables querelles, nous voulons du moins qu'il soit constaté aux yeux de tous que
nous n'avons rien négligé pour amener pendant qu'il en était temps une pacification si désirable et si nécessaire.
2 février. — On parle de conspirateurs et de conspirations. Le Siècle prêche l'union dans les conseils du gouvernement, union dans les esprits, sympathie sincère pour le peuple qui travaille et qui souffre ; c'est le seul moyen d'échapper aux complots des ennemis de la société, que l'assemblée, que tous les hommes raisonnables y songent : tout peut être sauvé si les divisions s'effacent dans nos Chambres; si elles durent, tout est compromis.
7 février. — M. Proudhon vient de livrera la publicité les statuts d'une société de commerce, sous le nom de Banque du peuple. Le Siècle fait connaître l'esprit des statuts de cette banque qu'il qualifie de folie. Il y a. dit-il, un recours assuré, dans la raison universelle, contre la déraison de quelques cerveaux malades qui en rêvent la ruine. Il faut seulement que le bon sens de la nation soit averti.
^v) février. — L'anniversaire de la révolution du 24 février a été célébré hier. Dans ce jour solennel, le Siècle rappelle les grandes choses que la République a faites : le suffrage universel. l'abolition de la peine de mort en matière politique, l'abolit! ru de l'esclavage, qui resteront, dit-il. comme des lémoi-
gnages irrécusables de la grandeur qui animait tous les esprits dans ces premiers moments. Il y aura là aux yeux de l'histoire, aux yeux du pays, des excuses pour bien des fautes.
ler mars. — Les derniers banquets des ultrà-démocrates sont l'objet de réflexions de la part du Siècle. « Laissons, dit-il j les exaltés de tous les partis s'isoler de la France et se persuader qu'ils font preuve de beaucoup d'audace et d'un rare discernement parce qu'ils ne craignent pas de la pousser aux révolutions les plus aventureuses. Toutes les voies ouvertes à l'illégalité, à la violence, qu'on suive une bannière blanche ou un drapeau rouge , conduisent également à la guerre civile et à l'anarchie. Ceux qui veulent le salut de la société doivent s'unir sincèrement dans une pensée de concorde et de modération. »
20 mars. — A une majorité de dix-neuf voix, les clubs sont interdits. Le Siècle croit que les ouvriers laborieux et honnêtes seront les premiers à s'en réjouir, car ils échapperont ainsi à la contrainte qui s'exerçait sur la plupart de ceux qui allaient perdre leur soirée dans les clubs; ils y verront le symptôme de la reprise des travaux industriels qui ont avant tout besoin de sécurité.
31 mars. — La démission de M. Chambolle,
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comme rédacteur en chef du Siècle, est insérée en tête du journal. Aucune réflexion n'accompagne cette démission qui est acceptée.
Direction politique de M. Perrée.
2 avril. — L'Italie a succombé dans sa lutte contre l'Autriche. Le Piémont semble se préparer à une nouvelle résistance ; le Siècle doute du succès. L'Italie, dit-il, après ses efforts, ses luttes glorieuses, a besoin, pour le succès même de la grande idée qui bat dans son sein , de rentrer dans une nouvelle période d'élaboration pacifique.
14 avril. — Le manifeste de la rue de Poitiers est connu. M. Guizot l'a publié. Il est bon, dit le Siècle, que la France sache que M. Guizot, dont le nom se trouve fatalement lié à toutes les hontes, à tous les malheurs que notre patrie a subis depuis 1814, est le chef, le guide, l'inspirateur de quelques-uns des hommes qui ont confondu leurs principes et leurs espérances dans le comité de la rue de Poitiers.
Les numéros du Siècle sont remplis de manifestes électoraux de tous les partis et de professions de foi de MM. ds Lamoricière, Gustave de Beaumont, Jules Bastide, Louis Perrée, etc;, etc.
5 mai. — Le Siècle constate la solennité de la fête du 4 mai. La fête a été belle, dit-il, elle a été calme surtout ; partout le sentiment de l'ordre ; et de tous les rangs de la garde nationale, sans exception, le cri, s'échappant sur le passage des membres du gouvernement : Vive la République t
9 mai. — Le Siècle publie les noms des candidats de l'opinion républicaine modérée à la députation de la Seine, liste de conciliation.
20 mai. — Le triomphe partiel des candidats socialistes ne trouble pas le Siècle, comme certains conservateurs qui annoncent la ruine de la société. C'est à la voix de ceux qui ne désespèrent ni du pays ni d'eux-mêmes, dit ce journal, que doivent se rallier tous les bons citoyens; les hommes qu'il faut craindre et fuir, ce sont ceux qui, à force d'égoïsme, confondent leur personnalité avec le bien public et prennent leur impuissance pour celle du pays.
1er juin. — Le Siècle trace le programme d'une politique nouvelle, qui est, dit-il, le port vers lequel on doit marcher. Partout ailleurs nous ne voyons que des écueils et des tempêtes. Au nom du ciel, évitons-les ! Épargnons à la patrie de nouveaux déchirements, des révolutions.
7 juin. — Après la publication du message du
président de la République, le Siècle se livre à ses réflexions. « Nous le disons avec douleur, ce message est destiné à redoubler l'inquiétude qui pèse aujourd'hui sur tous les esprits. Nous ne lui reprochons pas tout ce qu'il dit, mais nous lui reprochons ce qu'il ne dit pas, en ce qui concerne notre politique intérieure et extérieure. Ce n'est pas ainsi que nous comprenons le langage du président de la République aux élus du suffrage universel.
10 juin. — On annonce un débat important à l'Assemblée : Rome a été attaquée. Qui a donné cet ordre? Que les hommes sages de tous les partis y apportent et y fassent régner le calme et la modération qui les animent.
11 juin. — Rome a été attaquée au mépris de la constitution. M. Ledru Rollin a déposé sur le bureau un acte d'accusation contre le président de la République et le ministère tout entier. Ce que redoutait le Siècle est arrivé. L'ordre du jour pur et simple a été adopté.
13 juin. — Une manifestation a eu lieu aux cris de : vive la Constitution ! vive la République ! trois coups de feu ont été tirés par les hommes de la manifestation. Dans ces tristes circonstances, le Siècle ne dira pas un mot, n'écrira pas une ligne qui puisse lui enlever le droit de dire demain au pouvoir toute
la vérité, s'il voulait abuser d'un douloureux succès.
17 juin. — La Censure est rétablie, tel est le titre d'un avis inséré en tête du Siècle. Un commissaire ds police s'est rendu au bureau du National, du Siècle et de la Presse, pour prévenir que s'ils persistaient à reproduire leur pensée sur l'interprétation par la majorité des articles 5 et 54 de la Constitution, la majorité de la Chambre qui serait interpellée à ce sujet, autoriserait la mise sous séquestre. «Nous nous soumettons à la force, dit le Siècle, mais nous voulons que le public sache que notre plume n'est plus libre.
24 juin. — Le Siècle repousse les imitateurs de Bonaparte. Que faites-vous en 1849? Vous mettant à la remorque des vieux partis, dit ce journal, des vieux gouvernements, vous allez humilier dans Rome le principe de la souveraineté du peuple. Pourquoi ? Pour relever la puissance temporelle des papes, cette puissance que voulait supprimer à jamais ce Bonaparte que vous prétendez prendre pour modèle. Pas de folles tentatives, pas de parodies. Les intérêts sont assez grands , les difficultés assez graves pour absorber vos études, vos eflbrts et même votre génie.
5 juillet. — L'occupation de Rome est un fait consommé. La responsabilité de cette expédition,
dit le Siècle, est écrasante pour le ministère qui Fa conçue et exécutée,
11 juillet. — Les élections sont terminées ; la liste du parti de l'ordre a passé à Paris. Le socialisme est aujourd'hui ce qu'il était hier, dit le Siècle; il ne faut pas croire qu'on puisse moins compter avec lui. Nos conseils aussi seront les mêmes. La seule force du socialisme, c'est la misère. C'est la misère qu'il faut combattre, non par des phrases, mais par des actes; non par des enquêtes, mais par des lois.
13 juillet. — Le Siècle continuera de suivre la ligne politique qu'il a toujours suivie, il n'est donné à personne d'emporter avec soi la politique de ce journal. Le Siècle dit qu'il est resté, non pas journal d'opposition , mais journal des principes constitutionnels; il a accepté un nouveau gouvernement, il en veut le maintien, c'est pour cela qu'il parle avec indépendance, d'ailleurs sa politique est dans sa collection comme l'histoire officielle est dans le Moniteur.
18 juillet. — Le Siècle attaque à outrance cette politique sans entrailles qui, les yeux fixés sur le passé, n'a jamais que cette seule phrase : « il n'y a rien à faire; partout et toujours il y a eu des pauvres el des riches; c'est un mal inévitable. » Pour nous, répoftd le Siècle, une pareille politique n'est pas
mo JoruNArx
seulement cruelle, elle est dangereuse, elle nous con duit droit aux abîmes; les hommes qui la pratiquent sont les ennemis les plus redoutables de la société.
La question de Rome, telle qu'elle a été conçue et exécutée par le cabinet, est encore plus impie qu'impolitique, dit le Siècle. On a surtout compromis la religion qui a besoin pour vivre de sentir qu'elle est en dehors des affaires de ce monde. Dieu veuille que vous n'ayez pas porté un trop vif ferment de discorde au foyer domestique et désuni la famille, base première et sainte des sociétés.
19 juillet. — Que le gouvernement y réfléchisse, pour résoudre toutes les difficultés au milieu desquelles nous nous débattons, dit le Siècle, il ne faut qu'une chose : le vouloir, mais le vouloir loyalement et franchement, par la Constitution et pour la République.
21 juillet. — M. de Montalembert, dans un discours à l'Assemblée législative, a attaqué la liberté de la presse. La nouvelle loi sur la presse est destinée, dit-il, à abriter la société contre les fureurs de ses ennemis. Quel triste spectacle donne en ce moment M. de Montalembert! il a fait de l'opposition contre l'autorité pendant une partie de sa vie, dit le Siècle, aujourd'hui il fait de l'opposition contre la liberté.
C'est trop présumer du bon sens et de l'esprit public.
23 juillet. — La discussion sur la liberté de la presse continue à l'Assemblée. Elle a mis en évidence deux faits : la lutte entre la république et la monarchie , entre l'avenir et le passé , entre l'ordre et le désordre. On aura beau faire, ce n'est ni la loi contre la presse, dit le Siècle, ni les lois que l'on nous promet comme des corollaires subséquents, mais bien la réalisation des promesses de la Constitution qui garantissent la vie morale et matérielle : au père de famille, le travail; au vieillard, un asile. On ne fera pas que cette vérité ne soit la vérité entre toutes.
25 juillet, — M. Thiers s'est fait l'organe de toutes les attaques injustes et violentes portées contre les institutions républicaines. Le Siècle lui répond en citant tout ce que la République a déjà fait dans la politique, pour la morale, pour l'intelligence, pour le peuple, pour les contribuables, enfin pour la nation. Ce que nous défendons, continue le Siècle, c'est la République, c'est l'idée du progrès, l'idée de l'avenir. Cette République, elle existe aujourd'hui; la Constitution l'a sanctionnée; c'est pour nous comme pour tous les bons citoyens, un devoir de la
défendre.