PRÉFACE. XXI
gion qui n'est pas la leur. Que si , à raison de ce titre qu'on lui donne de souverain étranger , on prétend y par une équivoque ignoblement astucieuse , s'interposer entre lui , pontife , et ceux qui le reconnoissent pour tel , de manière à gêner leurs communications réciproques , à entraver le libre exercice de son autorité spirituelle , en ce qui touche le dogme , le culte , l'enseignement , la discipline de la société religieuse volontairement soumise à cette autorité divine à ses yeux , on renverse le catholicisme par sa base , on viole les droits les plus sacrés de la conscience , on exerce une monstrueuse tyrannie , qui déterminera tôt ou tard une réaction puissante et terrible.
D'un autre côté , depuis plusieurs siècles , le Pape possède un État temporel, et, comme souverain de cet État, il est réellement, par rapport à ceux qui n'habitent pas son territoire, un souverain étranger, et il n'a sur eux aucun pouvoir, aucune juridiction politique et civile. S'il prétendoit, soit en général, soit dans des cas particuliers , une semblable juridiction , un semblable pouvoir, on auroit donc le droit incon-