‹ JournauxChapitre 2 sur 123 · IV PRÉFACE · texte numérisé non relu

IV PRÉFACE

lible qui sur le rivage se diroit : J'ai en moi rOcéan ! Point d'état donc plus déraisonnable que de rester immobile dans les mêmes idées ^ quand elles ne sont pas de celles qui forment en quelque manière le lit sur lequel coule perpétuellement la vérité progressive. Car cet état implique ou la persuasion que Ton sait tout , que Ton a tout vu, tout conçu, ou la volonté de ne pas voir plus , de ne pas concevoir mieux ; et lorsque en outre on prétend faire de cette idée quelconque à laquelle on s'est cramponné en passant, comme à une pointe de rocher pendante sur le fleuve , la station dernière de l'humanité , aucune langue ne fournit de mot pour exprimer un pareil excès d'extravagance. Selon disoit : Je vieillis en apprenant toujours. Cet avancement dans la connoissance , cette continuelle évolution de l'intelligence dans le vrai , est une des premières lois des êtres créés. Mais toute connoissance , toute idée nouvelle ne se surajoute pas seulement aux idées et aux connoissances acquises déjà, elle les modifie encore en se combinant avec elles; de sorte qu'indépendamment des erreurs qui lui

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