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LVI PRÉFACE

prince; et que dès-lors la souveraineté, telle qu'on la concevoit , ne pouvant être le partage ni du prince ni du peuple , il falloit bien nécessairement ou qu'elle ne fût qu'une chimère absurde de l'esprit, ou qu'on s'en fût fait une fausse notion.

Cette dernière conséquence étoit la véritable. La souveraineté, en effet, n'est aucunement le droit de commander , mais la pleine liberté , l'indépendance complète ; et en Dieu même elle n'est que cela. Il est souverain parce qu'il ne dépend que de lui-même; et comme il dépendroit de quelque chose à quelque degré s'il ne possédoit sur toutes choses un pouvoir infini, le pouvoir en lui se confond avec la souveraineté d'où il découle. Source éternelle du droit, et dès-lors souverainement libre de vouloir, chacune de ses volontés est en même temps souverainement efficace.

Dans le sens absolu , Dieu seul donc est souverain ; puisqu'il est seul indépendant. Nulle créature qui ne dépende de lui ; et par conséquent nulle créature qui puisse , à son égard , être dite souveraine. Pour tout être fini il

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