‹ JournauxChapitre 41 sur 123 · PRÉFACE. LVII · texte numérisé non relu

PRÉFACE. LVII

n'existe qu'une souveraineté relative , et c'est pourquoi il est nécessaire de définir celle qu'on suppose lui appartenir. Ainsi , en ce qui touche l'homme , nul n'est souverain en ce sens -que sa raison et sa volonté soient de droit pleinement indépendantes; car, de même que son être dépend de Dieu , sa raison et sa volonté dépendent des lois du vrai et du bien , qui ont leur origine en Dieu : mais il est souverain en ce sens que ni sa raison , ni sa volonté , ni par conséquent ses actes , ne dépendent de droit d'aucun homme ; que , la loi antérieure et supérieure de justice demeurant sa règle , il est primitivement et complètement libre à l'égard des êtres semblables à lui , et ne doit obéissance à aucun d'eux. Les droits de chaque être , en effet , dérivant de sa nature , partout où la nature est la même les droits sont égaux. Or dire que tous les hommes possédant tous la même nature possèdent tous les mêmes droits essentiels et primitifs , c'est dire qu'ils sont tous naturellement indépendans les uns des autres ; c'est affirmer , dans les limites fixées précédemment, leur souveraineté native

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