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LVIII PRÉFACE

et impérissable, souveraineté individuelle^ qui devient collective par l'établissement de la cité, ou du corps politique.

Or la liberté existant entière au moment où se forme le corps politique , son institution ne peut être qu'un acte libre de la part de ceux qui y concourent : et comme elle ne sauroit avoir d'autre objet légitime en droit que la conservation du droit même ; loin de préjudicier à la liberté qui renferme tous les vrais droits de l'homme, elle en doit être une garantie. Une cité ou une société politique et civile conforme au droit n'est donc qu'une libre association d'hommes se garantissant mutuellement, sous l'empire de la loi de justice reconnue , la pleine jouissance de leur liberté, modifiée seulement dans son usage par des règles acceptées volontairement; règles nécessaires ^our que le but de l'association soit atteint. L'unité collective une fois constituée : comme auparavant chacun de ceux qui en font partie, individuellement indépendant ou souverain , avoitson pouvoir qui n'étoit que sa force individuelle à l'aide de laquelle il défendoit son

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