LX PRÉFACE
voir , dès qu'on a éclairci les idées en définissant les termes. Le pouvoir, selon cette théorie, réside primitivement dans la communauté : la communauté qui crée un pouvoir distinct d'elle, en communiquant celui qu'elle tient immédiatement de Dieu, est donc primitivement indépendante ; et comme son pouvoir ne se perd point par la délégation qu'elle en fait, elle demeure, après cette délégation , radicalement indépendante. Si donc, ainsi que nous l'avons montré, la souveraineté n'est que l'indépendance ; la communauté , radicalement indépendante, est radicalement souveraine. D'une part : l'indépendance étant un droit inhérent à la nature de l'homme , il ne pourroit y renoncer, s'en dépouiller, quand il le voudroit ; en obéissant de fait , il resteroit libre de droit. De plus , il est visible qu'on ne peut déléguer son indépendance ; on ne peut donc déléguer la souveraineté : le pouvoir qu'on avoue être délégué n'est donc pas la souveraineté ; et dès-lors qu'est-il , que peut-il être qu'une fonction jugée indispensable par la communauté souveraine à sa conservation