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LXII PRÉFACE

éclairée. Ainsi les Progrès de la Révolution indiquoient déjà notre sympathie politique pour le libéralisme , que nous combattions uniquement sous le rapport religieux; montrant que le pur individualisme , qui ne permet de reconnoître aucun devoir certain , tendoit à établir , au lieu de la liberté inséparable de Tordre, soit Tanarchie de tous, soit la puissance arbitraire d'un seul : et certes , quelle que fût la valeur réelle de la théorie que nous développions , nos paroles à cet égard renfermoient nn fonds de vérité incontestable.

Défenseur constant de la liberté religieuse étroitement liée à celle d'enseignement , pendant quinze ans nous n'avons cessé de demander compte au pouvoir de leur continuelle violation ; sans nous allier cependant à ses ennemis politiques, qui, loin de comprendre mieux que lui ces libertés premières, le poussoient sans relâche à les attaquer de plus en plus. Tous les partis présentoient alors quelque chose de complexe , une double face , en quelque sorte , l'une desquelles attiroit , et

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l'autre repoussoit les hommes attachés à la fois à la liberté et au christianisme. Nous étions de ceux-ci. Parmi ces partis , les uns vouloient le christianisme sans la liberté; les autres, la liberté sans le christianisme; et nous pensions, nous, comme nous le pensons encore , que le christianisme et la liberté , inséparablement unis dans leur racine commune , sont la condition nécessaire Fun de l'autre : et , de fait, en tant que le parti libéral étoit hostile au christianisme il rétoit à la liberté, et en tant que le pouvoir étoit hostile à la liberté il tendoit à détruire radicalement le christianisme ; car ce n'étoit pas le christianisme que la religion officielle , la religion bâtarde , avilie et asservie , qu'il fabriquoit par ses ordonnances, par ses oppressions et ses faveurs même. Nous nous trouvâmes donc en même temps , sous des rapports inverses , en opposition avec lui et le libéralisme , en opposition même avec une partie du clergé , et spécialement avec la majorité de l'épiscopat. Car l'épiscopat étoit gallican ; il l'étoit par une suite de l'enseignement donné autrefois dans les écoles

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