PRÉFACE. LXXI
dès lors se poursuivit sans interruption , toujours plus animé à mesure qu'on voyoit mieux ce que la victoire ôteroit au vaincu.
La Restauration employa trois moyens pour se conserver. Aux complots sans cesse renaissans elle opposa , selon leur nature , tantôt la baïonnette du soldat, tantôt le glaive du juge ; et à moins de soutenir qu'il étoit de son devoir de se laisser renverser sans résistance , on ne sauroit lui reprocher d'avoir été injuste en cela. Mais trop souvent la répression, plutôt violente que ferme , blessa la conscience publique , en prenant, au gré de quelques passions subalternes , l'odieux caractère d'une vengeance igiioble et atroce. Toutefois, rien alors ne ressembla, même de loin, à ce qu'on a vu depuis.
Ce n'étoit pas assez que de contenir ses adversaires par la force ; il falloit encore se créer des partisans, et les lier à soi par leur intérêt. Naturellement on s'adressa aux classes les plus élevées , à l'ancienne noblesse que ses souvenirs , ses sentimens traditionnels rattachoient au trône ; à la noblesse impériale , heureuse de garder sous la monarchie restaurée ses