PRÉFACE. LXXVII
Tel étoit l'état du catholicisme. Dépouillé (le l'indépendance qui appartient , de droit , dans sa sphère propre , à toute société spirituelle, il n'offrit plus en réalité que l'apparence d*une religion : et comme en même temps on ne négligeoit rien pour s'assurer le concours politique de ses ministres, la cause religieuse se confondit aux yeux de la nation avec la cause monarchique. Le résultat de cette confusion ne fut pas de ramener, ainsi qu'on s'enflattoit, la plus nombreuse portion du peuple à la cause monarchique , mais de la rendre hostile à la cause religieuse. Deux grandes haines croissoient ensemble et prenoient chaque jour un caractère plus implacable , la haine des prêtres et la haine du trône. Onapprochoit rapidement d'une crise. Des ordonnances qui détruisoîent la Charte au nom de la Charte en furent le signal. Au fond, nulle prudence humaine ne pouvoit la prévenir : car elle n'étoit que le dernier combat entre deux principes inconciliables armés l'un contre l'autre par la loi , le principe monarchique et le principe démocratique; et celui-ci possédant une force à tous égards