‹ Jours d'autrefoisChapitre 25 sur 37 · LE MARCHÉ · texte numérisé non relu

LE MARCHÉ

Dans l'air vif, lumineux et subtil du matin, La ville est en tumulte et la foule est en joie. Au milieu du marché la Hanse se déploie.

Les deniers des changeurs font un bruit argentin.

Voici l'ambre léger, né sous un ciel lointain, Les vins de pourpre sombre où le soleil flamboie, Les harnais de cuir fauve et les pourpoints de soie, Les ivoires sculptés et les hanaps d'étain.

Hier, vers Damme et Sluus, quand la mer était haute, De grands navires noirs s'avançaient vers la côte, Balancés lentement par les houles du Nord ;

Et les Osterlingen, drapés dans leurs fourrures, Se dressaient à l'avant des vaisseaux de haut bord, Sur la proue éclatante où brillaient les dorures.

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* FORMOSIS BRUGA PUELLIS

Les femmes d'autrefois, altières et sereines, Qui vers ces fiers logis s'avançaient à pas lents, Erigeaient, sous l'orgueil des tissus opulents, Les seins durs et polis des antiques Sirènes,

Et lorsque se montraient ces beautés souveraines, Que rehaussait l'éclair des joyaux aveuglants,

Leurs grands yeux, leurs cheveux d'or sombre et leurs bras

[blancs] Rendaient les rois pensifs et jalouses les reines.

J'évoque, cependant qu'au bord des vieux canaux

Le carillon du soir descend en cascatelles

De cristal et d'argent sur les pas-de-moineaux,

Leurs corps harmonieux frémissants de dentelles, Et leurs doigts fuselés que chargeaient les anneaux, Et le charme effacé de leurs grâces mortelles.

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