‹ Jours d'autrefoisChapitre 27 sur 37 · APRÈS ROOSEBEKE · texte numérisé non relu

APRÈS ROOSEBEKE

Redresseurs sans merci de leurs griefs anciens, Voici que les barons ont écrasé les villes, Remis dans le devoir les multitudes viles, Et que le grand Brasseur est mort avec les siens.

Les bourgeois sont frappés dans leur vie et leurs biens ; Les cités ont perdu leurs franchises civiles ; Et les sombres captifs longent en mornes files Les cadavres, rongés des corbeaux et des chiens.

Dans Bruges la conquise où pèse un noir silence , Les féodaux vainqueurs, ayant quitté la lance, Vêtus de lourds brocarts, marchent sous le beffroi.

Pendant qu'au loin, faisant tourbillonner leurs lames, En chemises de fer, les cavaliers du Roi S'embrasent aux lueurs des villages en flammes.

OPUS JOHANNIS MEMLINC, 1479

A l'horizon béni du céleste portique, Resplendit un lointain, mirage d'Orient, Et la Mère de Dieu regarde en souriant Catherine la prude et Barbe la mystique.

Jan Floreins van der Rijst, sur ce noble triptyque, Pour les glorifier mieux encor qu'en priant, A fait, dans le cristal d'un air pur et brillant, Peindre le Précurseur et l'Apocalyptique ,

Ses deux patrons : celui dont Hérode Antipas

A la danseuse impure accorda le trépas,

Après qu'il eut au Christ donné le saint baptême,

Et celui qui, hanté du terrible réveil, Pâlissant aux horreurs du jugement suprême, Vit un ange puisssant debout dans le soleil.

SONNETS DE BRUGES 8l

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