LA SAINTE
Vous cachez sous l'ampleur de la robe aux plis verts Votre corps frêle et pur de vierge et de martyre, Jamais vos yeux baissés ne cesseront de lire, Et d'une coiffe d'or vos cheveux sont couverts.
Je veux, bien que je vive en un siècle pervers Et que l'antique espoir loin de nous se retire, Madame sainte Barbe au bienheureux sourire, A vos pieds délicats faire chanter mes vers.
Un murmure affaibli d'orgues aériennes
Flotte sur les parfums des fleurs élyséennes,
Quand vous vous promenez dans les vergers du ciel.
Tel, célébrant la grâce angélique des femmes, Quand Jan van Eyck eut dit la splendeur du réel, Le divin Hans Memlinc a su peindre des âmes.
xn