ACTE V, SCÈNE I
LAXCÉOR
Si Joyzelle décide, l'amour n'a rien à craindre. . . Allez, n'hésitez pas, Joyzelle sera toujours la source de la joie... Mais je ne comprends pas, que sachant l'avenir, vous ne puissiez pas voir, d'avance, son triomphe?...
MEItLlN
Je VOUS l'ai déjà dit, avant d'entrer ici, Joyzelle peut changer l'avenir qu'elle alTronte... Elle possède une force que je n'ai vue qu'en elle; c'est pourquoi je ne sais si la belle vicloire (]ue ton amour attend, ne sera pas mêlée d'un peu d'ombre et de larmes...
LANCÉOR
Que voulez-vous dire?... Vous seniblez in- «juiet... Que me cachez-vous donc?... Comment
poiivez-vous croire que Joyzelle soit jamais la cause d'une larme ou la cause d'une ombre?... Il n'est rien dans Joyzelle, pas même la souffrance qu'elle pourrait infliger, il ne s'y trouve rien qui n'apporte le salut, le bonheur et l'amour!... Ah! comme je vois bien que vous connaissez peu le triomphe vivant, l'aurore inépuisable qu'il y a dans sa voix, dans ses yeux, dans son cœur!... Il faut l'avoir tenue dans les bras pour savoir quels trésors d'espérance, quels flots de certitudes émanent du moindre mot que murmurent ses lèvres, du plus petit sourire qui se joue sur son front... Mais je retarde trop la victoire impatiente. Allez, allez, mon père... Je reste ici, j'attends, je regarde passer les minutes heureuses, jusqu'à ce qu'un grand cri de joie de ma Joyzelle m'apprenne que l'amour a fixé le destin...
Merlin embrasse Lancéor et sort leatement.)