ET SA TERRE
Il est difficile de donner une conclusion à ces témoignages rendus par les lettrés français à leur doyen le plus illustre. On me dit qu'il y manque un hommage de sa ten^e et de sa province. Le voici.
Heureux l'écrivain qui a une province et, possédant ce bien, sait en user. La province de Paul Bourget,- c'est l'Auvergiie. Les liens qui l'y rattachent sont moins ceux du sang que ceux du cœur et du libre choix. Son enfance et sa première jeunesse passées à Clermont, ses études au lycée Biaise-Pascal, sa juvénile admiration du pays des volcans et des grandes légendes gauloises l'ont modelé sur l'âme de ce pays. Après tant de belles aventures intellectuelles qui ont rempli sa vie, il y est revenu, a renoué les affections, ressaisi les origines, et chaque année, pour un temps plus ou moins long, il se plaît à vivre dans ces montagnes, où l'on est fier de l'accueillir.
Cette année encore, on le fêtait à Clermont à l'occasion de la commémoration pascalienne. Des cérémonies officielles il n'avait voulu prendre aucune part ; il laissait à de plus jeunes confrères l'honneur d'y représenter l'Académie ; mais, au seuil de la solennité religieuse et à la séance publique de l'Académie de Clermont qu'il présidait, il était acclamé comme un fils du pays, et comme celui qui, nourri de Pascal dès sa jeunesse, avait su parler mieux que tout autre de notre émouvant aïeul.