le jeûne
1. Le nombre de jours varie selon la volonté du Pape. On doit donc consulter la valeur de la bulle. Ordinairement elle ordonne trois jours de jeûne la même semaine. Léon XIII, en 1886, n'en prescrivit que deux, et n'exigea pas qu'on les fît la même semaine. — N. R. T.,XY11I, p. 309.
2. Tous y sont astreints, soit qu'ils n'aient pas encore vingt et un ans, soit qu'ils aient dépassé soixante-dix ans.' C'est une condition du Jubilé dont on ne peut obtenir commutation que pour un motif grave, différent de celui de l'âge.
Ceux qui sont dispensés de l'obligation du jeûne pour cause juste en d'autres temps, doivent, pendant le Jubilé, demander la commutation du jeûne à leur confesseur, s'ils veulent gagner l'indulgence. — S. Pén., 16 mars 1665.
3. Le jeûne doit être surérogatoire. On ne peut prendre un jour de jeûne de précepte, à moins que le Souverain Pontife ne prescrive les jeûnes pendant une semaine de carême ou de quatre-temps, — ;S^. Alplt., VI, n. 538, q. XII, ou qu'un induit spécial ne permette, pour certains Jubilés, de satisfaire par un seul jeûne aux deux obligations, comme ce fut le cas en 1865. — Décret du 20 janvier 1865.
Les évêques obtiennent parfois cette permission pour leur diocèse respectif, mais ils ne peuvent l'accorder d'eux-mêmes ; au moins leur pouvoir n'est pas plus que probable ; leur permission exposerait la validité de l'indulgence. — Loiseaux, Jub., p. 272.
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a. Notons que si un induit spécial permet à un diocèse de faire compter le jeûne de carême pour le Jubilé, il ne s'ensuit pas que cette concession s'applique également aux jours de quatre-temps et de vigiles, parce que les dispenses sont de stricte obligation, et que, du reste, les raisons qui militent pour une dispense en temps de carême n'existent pas eu dehors de ce temps.
b. Notons aussi que si le jeûne prescrit coïncidait avec une des grandes fêtes de l'Ji^glise, l'évêque j)ourrait non en dispenser, mais le transférer à un autre jour de la même semaine. C'est Yesprit de l'Eglise, cemme nous le voyons clairement par cette réponse de la S. Cong. des Rites (décréta auth., n. 1090): " Si la vigile de S. Jean- " Baptiste tombe le jour de la fête du S. Sacrement, " on doit anticiper le jeûne d'un jour". C'est du reste un usage constant dans V enseignement commun des théologiens, comme le remarque Theod. a Sp. S*", c. XI, q. 11, n. 4. — Nous disons la même semaine, car la bulle est positive: " quiferia 4*, Q^ et sabhato alterius ex duabus hebdomadis jejunaverint." S. Alph., VI, 537.
Enfin, dit S. Alph., VI, 537, q. 6. — Un jeûne voué ne suffit pas pour gagner le Jubilé.