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RÉSUMÉ DE L'ENSEIGNEMENT CATHOLIQUE SUR LES INDULGENCES

L'Iudulgcnce se définit : la rémission des peines temporelles dues aux péchés déjà pardonnes, — rémission que l'Eglise puise dans son trésor — et qu'elle octroie pour une juste cause, en vertu du pouvoir des clefs — en dehors du Sacrement de Pénitence, — moyennant certaines conditions. Cette définition doit être expliquée dans chacune de ses cinq parties.

*• — li'IuUiilseufe e«t lu r^niissioii «les peii>e.*< leiiiporelleM dues aux péfli^»> (iéjii pardounés.

123. 1" Comme le dit bien Béringer dans son savant ouvrage sur les indulgences, la sainte Eglise n'entend pas par indulgence, le pardon de la coulpe du péché, ni de la peine éterneUe qui en est la suite. — Eu effet, le i^éché mortel ne ])eut être remis quant à l'offense et la peine éternelle, que par l'absolution du prêtre ou un acte de contrition parfaite, accompagnée du désir de la confession, tandis que l'offense du i^éché véniel et une partie de sa peine sont remises, non seulement par l'absolution sacramentelle, mais par tout acte de piété et de charité, parce que ces œuvres obtiennent de Dieu et opèrent en nous une augmentation de charité et réparent ainsi la diminu-

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tioii de ferveur de la divine charité, causée })ar l'offense du péché véniel.

Loin de remettre la Goidije du péché, l'indulgence ne s'accorde qu'après le 'pdrdon du péché. Elle requiert l'état de grâce comme nous le dirons un peu plus loin. — Même la peine temporelle due à un pèche véniel, ne peut être remise par voie d'indulgence, tant que le péché n'est pas regretté et pardonné, et voilà pourquoi l'affection délibérée au moindre péché véniel empêche de gagner l'indulgence plénière dans son entier.

Si parfois, en parlant d'indulgence, l'Eglise se sert de l'expression " liémission des péchés " il ftiut, dit Benoit XIV, comprendre le mot péché dans le sens de peine du péché.

2. Elle n'entend pas non plus par indulgence une simple rémission des peines temporelles " in foro ezterno, " c'est-à-dire la rémission des peines canoniques dont elle usait autrefois. (II P., §11.)

Pie VI, dans sa bulle " auctorevi Fidei ", du 28 août 1794, a condamné comme "fausse, téméraire, outrageante " pour les mérites du Christ," cette proposition du Conciliabule de Pistoie (prop. 40^) : " L'indulgence dans sa " signification véritable, n'est autre chose que la rémission " d'une partie de la pénitence que les Saints Canons im- " posaient aux pénitents." Si, en effet, l'indulgence n'était que cela, dit Hilgers, en l'accordant, la sainte Eglise nous rendrait un mauvais service, car elle nous exposerait à un plus long Purgatoire et on pourrait ajouter que, de fait, elle ne nous accorderait plus rien, puisque les pénitences canoniques sont actuellement en désuétude.

3. Elle n'entend pas non plus la dispense de remplir nos obligations contractées envers un tiers par nos péchés, comme par exemjile de rembourser l'argent volé, de réparer l'honneur d'autrui ou un scandale donné. Cette obligation est imposée par le droit naturel et l'Eglise ne peut pas en dispenser.

4. Ni l'exemption des épreuves de la vie et des grands devoirs de la pénitence chrétienne. — La Pénitence et les

!sru I.K.S INDULGENCKS 11!)

(épreuves ])rovideiitii'lles ont encore un autre but que la satisfaction : " Elles sont aussi pour lui (pécheur), dit le " Conc. de Trente, un frein qui l'éloigné du mal et le " rend plus circonspect à l'avenir ; elles guérissent les " restes du péché et détruisent, en faisant pratiquer les " vertus contraires, les mauvaises habitudes produites i)ar " une Conduite coupable.

lîiîî- L'Eglise entend par indulgence la remission réelle "inforo Dei " des peines temporelles par lesquelles il nous reste à satisfaire, en cette vie ou en l'autre, à la majesté divine pour nos péchés pardonnés.

Ce côté positif de la nature de l'indulgence a été expliqué et prouvé, I V., chap. I, art. I de ce livre. Nous y renvoyons le lecteur et nous terminons cette explication de la nature des indulgences par quelques mots sur les effets secondaires qu'elles produisent en nous.

134. 2" Les indulgences plénières et partielles ont encore d'autres

effets. Outre l'effet direct et essentiel de remettre la peine temporelle du péché pardonné, elles en produisent d'autres indirectement.

a. Elles animent à faire j)énitence et nous ohligent à quitter le iiéché. La remise de la dette des peines temporelles que nous devons à la justice de Dieu est un bienfait immense quand on le comprend bien. Elle nous épargne de longues années de pénitence sur la terre et de dures expiations en Purgatoire. — Mais la sainte Eglise n'octroie cet immense bienfait qu'à certaines conditions dont nous parlerons. Elle exige spécialement le renoncement au péché et la purification du cœur; c'est ainsi qu'en offrant ses indulgences, " elle nous engage, comme dit Bourdaloue, " à ce qu'il y a dans k religion de plus difficile, de plus " héroïque et de plus grand : une viaie conversion et une " vie de pénitence."

h. Elles rehaussent la gloire Je Dieu par les fins que l'Eglise se propo.se en les accordant.

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c. Elles soulagent les âmes du Purgatoire dans leins souffrances et les envoient plus vite au ciel y chanter au nom de la sainte Eglise et de leurs bienfaiteurs, les louanges du Très-Haut.

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