LE FEU D'ARTIFICE M4 UT QE ER AT NE PE
patriarche saint Joseph est l'une des grandes solennités
de ce pays : la veille de ce jour, qui nous est si cher, on arbora le drapeau, et l’on fit jouer le canon. M. le gouverneur fit faire des feux de réjouissance aussi pleins d'artifices que j'en aie guère vus en France, D'un côté on avait dressé un pan, sur lequel paraissait le nom de ® Saint-Joseph en lumières ; au-dessus de ce nom sacré, brillaient quantité de chandelles à feu d'où partirent dixhuit ou vingt petits serpenteaux, qui firent merveille. On avait mis derrière cette invention quatorze grosses fusées, qu’on fit enlever les unes après les autres, avec ‘étonnement des Français et bien plus des Sauvages, qui n'avaient jamais rien vu de semblable ; :1is admiraient la pluie d’or ou de feu, et les étoiles qui retombaient de fort haut. Le feu des fusées se portait tantôt tout droit, tantôt en arcade, et toujours bien haut dedans lait, ist Mais du temps de M. de Montmagny, une forêt épaisse recouvrait encore les collines de Beauport et de l'île d'Orléans, les falaises de Lévis : et rien, de ces hauteurs,
ne pouvait répondre aux feux d'artifice de Québec.
Aujourd’hui, quel magnifique spectacle, lorsque le soir, de la terrasse, l’on voit s'allumer ces milliers de feux tout autour de l'horizon, et se dessiner, à leur clarté, ces collines verdoyantes et ces riants villages qui encadrent
notre fleuve !
A l'ouverture des fêtes jubilaires, surtout, le spectacle
de cette illumination sur les eaux de Québec et sur les
collines environnantes était vraiment ravissant.
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