LE FEU D'ARTIFICE
Pénétrons maintenant dans la ville, et essayons de nous : frayer un chemin à travers la foule qui encombre les rues. A la faveur de la lumière électrique, il est aussi facile qu’en plein midi de circuler partout, jusque dans les endroits les plus retirés : il n’y a peut-être pas une ville au monde aussi bien éclairée que la nôtre,
Partout l’on prend part aux fêtes qui commencent, et l'on s’abandonne à une franche gaieté, Tout en regardant monter un ballon ou éclater une fusée, on se laisse bercer aux sons harmonieux de la musique : au jardin du gouverneur, sur l’Esplanade, sur les places publiques de Saint-Roch et de Saint-Sauveur, se donnent. des concerts : il y a, en effet, un grand nombre de fanfares à Québec, ce soir, à part celles de la ville; chaque société étrangère un peu importante est venue avec la sienne !,
L'un de ces corps de musique s’est placé en face de l’archevêché, sous les fenêtres de Son Eminence : la
sérénade est douce et suave ; elle attire une grande foule à cet endroit.
Le feu d'artifice, les concerts, l’enthousiasme des masses, tout cela est admirable. Ce qui nous frappe le plus, cependant, ce soir, c’est l’ordre et la bonne tenue qui règnent partout. Au milieu de cette foule inrnombrable qui encombre la terrasse, les rues, les places publiques, aucun tumulte, aucune scène désagréable, maïs partout la plus aimable fraternité ; et il en à été ainsi tout le temps
1—On a beaucoup admiré, en particulier, la fanfare de Sherbrooke.
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