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des événements que l’on jugeait, bien à tort, suffisamment gra és dans toutes les mémoires, soit que l’on ait donné
À cex événements un caractère tout à fait intime et privé.
Il convenait que les fêtes jubilaires de Son Eminence le cardinal Taschereau eussent tout l’éclat possible, non seulernent à cause de la valeur personnelle et des mérites de celui qui en était l’objet, mais surtout à cause de la haute dignité dont il est revêtu, la dignité de membre du Sacré Collège, la plus haute dignité après celle du souverain Pontificat,.
Et cependant il y avait certaines limites qu'on ne devait pas franchir, Il fallait ménager les forces de Son Eminence, avoir égard à l’état précaire de toute vicillesse même la plus saine et ne pas exposer le vénérable prélat à une fatigue excessive, C’est ce que comprirent avec beaucoup de tact les organisateurs de ces fêtes jubilaires. IT fut réso'u de ne pas donner à la solennité un caractère trop général : on dut renoncer à l’idée d'y convoquer nombre de hauts personnages étrangers, qu'on eût été heureux de recevoir en toute autre circonstance, et limiter le cercle des invitations à l’ancienne province ecclésiastique
de Québec.
Il n’y eut, croyons-nous, qu’une seule exception à cette règle, en faveur de Mgr O’Reilly, de New-York ; et encore est-ce bien une exception ? le digne Prélat, ayant faitses études au Séminaire de Québec, auquel il est toujours resté si attaché, ayant même fait partie du clergé de Québec, n’a-tl pas toujours été considéré
comme appartenant à la grande famille canadienne ?
Le jubilé sacerdotal de Son Eminence a donc eu un certain caractère de fête de famille. Mais, dans ces proportions, quelle splendeur et quelle magnificence ! La présence de tous les ques des provinces ecclésinstiques de Montréal, d'Oti wa et de Québec, l’affluence de plus de cinq cents prêtres accourus de toutes les parties du pays et de l'étranger, un concours immense de fidèles arrivant par milliers dans l’ancienne métropole, et, ce qui semble toujours de bon augure en cesoccasions, un temps exceptionnellement beau : tout a concouru pour donner
aux fêtes jubilaires un éclat merveilleux.
Par une heureuse coïncidence, la société Saint-Jean- Baptiste de Québec célébrait aussi cette année le cinquantième anniversaire de sa fondation !, Créée dans le but d'entretenir parmi les Canadiens-Francçais le feu sacré du patriotisme, elle s’est toujours efforcée d'être fidèle à sa mission, en organisant chaque année des fêtes nationales et religieuses, des banquets, des réunions, ete. Ses noces d'or étaient fixées au 24 juin. Mais voilà qu’on apprend que le premier Pasteur du diocèse célèbre lui-même cette année son jubilé sacerdotal, La belle occasion de lui donner un témoignage de respectueuse déférence et de lui exprimer l'affection et ie dévouement que l’on a pour sa personne ! Le président et les directeurs de la Société se réunissent : il est décidé de remettre à plus tard les fêtes nationales, et de prier Son Eminence de vouloir
bien permettre de les faire coïncider avec celles de son
1— Voir dans l’appendice, No 11,le discours de M. Caouette, président de la société Saint-Jean-Baptiste, où se trouve racontée l’origine de cette socicté. ‘
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Son Eminence accepte avec reconnaissance la proposition ; et, de son côté, Elle avance de quelques jours les fêtes de son jubilé : au lieu du 10 septembre, véritable anniversaire de son ordination, ces fêtes seront célébrées le 23 août, veille de l'ouverture de la retraite ecclésiastique.
De la sorte, tout le clergé arrivé à Québec pour la retraite et pour les noces d’or de son évêque, prendra part à la fête nationale ; et les milliers de Canadiens attirés à cette fête célèbreront en même temps les noces d’or de Son Eminence.
Cette ingénieuse combinaison a parfaitement réussi L’éclat de notre fête nationale a été rehaussé, cette année, par la présence d’un grand nombre de prélats et de membres du clergé qui ont pris part à la solennité religieuse, à la procession, au banquet, ete ; et une foule innombrable de Canadiens-Français,—probablement plus de cinquante mille—accourus non seulement de toutes les parties du pays mais même des Etats-Unis, se sont associés aux citoyens de Québec pour manifester leur joie et leur allégresse à l'occasion des noces d’or du premier Pasteur de ce diocèse. Il n’y a rien comme l'élément populaire pour donner de la vie et de l’entrain à une solennité : cela vaut encore mieux que tous les apparats officiels ; et quand les masses s’ébranlent, éprises d’enthousiasme pour une cause sacrée, pour la Religion, pour l’autorité religieuse, il se produit quelquefois des manifestations admirables, On l’a vu naguère, aux grandes
fêtes de Rouen, où, par une inspiration analogue à celle qui a dirigé ici Son Eminence le cardinal Taschereau, Mgr l'archevêque Thomas avait uni dans une même solennité la célébration de son jubilé épiscopal et l’inauguration du monument de Jewane d'Arc : quelle merveilleuse union entre le clergé et le peuple, quelle harmonie de sentiments religieux et patriotiques parmi tant de cœurs fracçais ! Il y a longtemps qu’on avait été témoin d’un si réjouissant spectacle en France, Ici, nous sommes coutumiers du fait : grâce à Dieu, les mots Religion et Patrie, devise de la Saint-Jean-Baptiste, ne se séparent jamais dans nos fêtes nationales, et la plus douce harmonie règne généralement entre le peuple et son clergé. Les fêtes jubilaires de Son Eminence en ont donné un nouvel
exemple à jamais mémorable.
Dans un petit album, chef-d'œuvre d’art et de goût, envoyé par Mgr l'archevêque de Cyrène, coadjuteur de Son Eminence, à tous les membres du clergé, comme invitation aux fêtes jubilaires, et en même temps comme souvenir de ces fêtes, il y a six feuilles unies. ensemble : sur la première, on voit un excellent portrait de Son Eminence le cardinal Taschereau, et sur la dernière, ses armes, avec sa devise : Zn fide, spe et charitate certandum : ces deux feuilles, en ivorine, servent de couverture, La seconde feuilie de l'album porte le titre : Jubilé sacerdotal de KE, le Card. E. A. Tuschereau…., avec quelques dates de la vie de Son Eminence ; la
troisième : Noces d'Or de la Société Saint-Jeun-Burptiste,
avec les lignes suivantes : La Société Saint-Jean-Bantiste Le]
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