CE
seau, et là je les éprouverai.
Lorsqu'après une journée de marche, l'armée de Gédéon fut sur le bord du ruisseau, le Seigneur dit : # Il en est parmi vos soldats qui se coucheront sur le bord du ruisseau pour'se désaltérer à leur aise ; d’autres, au contraire, ne feront que se baisser, en passant, se contentant de porter quelques gouttes d’eau à leur bouche, dans le creux de leur main.”
Sur dix mille hommes, trois cents seulement ne s'arrêtèrent point pour boire, mais avalèrent, marchant toujours, quelques gouttes qu'ils purent enlever en passant.
“ C’est par ces trois cents hommes, dit le Seigneur, que je vous délivrerai et que je ferai tomber Madian en vos mains.”
Les Madianites furent défaits la nuit suivante, et Israël retrouva sa liberté, Trois cents hommes en repoussèrent cent trente-cinq mille !
Cette page de l'histoire sacrée renferme pour nous un enseignement.
Si nous voulons vaincre, mettons de côté les pusillanimes, tous ceux qui craignent pour eux et pour les leurs, Mettons également de côté tous ceux qui s'arrêtent en chemin pour apaiser leur soif, c’est-à-dire, tous ceux qui préfèrent les jouissanees du bien-être aux rudes fatigues de la lutte. Mais par-dessus tout et avant tout, que le Seigneur combatte avec nous. N'oublions pas qu’au milieu de la nuit noire les soldats de Gédéon sonnaient de la trompette et criaient : L'épée du Seigneur et de Gédéon !
Vous tous qui venez, en ce jour de publiques réjouissances, déposer une couronne de fleurs au pied du monument qui symbolise pour nous les luttes héroïques du
1 r'uis-
tédéon en est A ruisitraire, int de e CreUx
, A s arrent tou-
)Assant,
ur, que
en vos
t Israël
Lssèrent r nous
pusillas leurs.
tent en UX qui atigues que le
qu'au ent de et de
réjc )U1S- \ monuues du
DISCOURS DE M. L'ABBÉ F, H, BÉLANGER 159 passé, vous tous qui venez rendre un publie hommage à la mémoire de ceux qui nous ont précédés dans le chemin de la vie, enfants de la patrie, vous qui vivez sous le ciel de l'étranger, et vous que des vaisseaux qui ne sont pas étrangers viennent de déposer sur nos rives, enfants comme nous d’une même mère, vaillants marins de la France lointaine, qui venez honorer une gloire qui est aussi la vôtre, nos ancêtres, par ma faible voix, vous remercient. À vos acclamations ils répondent en vous montrant leurs travaux, leurs sacrifices, le chemin parcouru, les succès obtenus. C'est le drapeau des vraies libertés qu'ils nous ont conquis et qu'ils nous ont laissé avec mission de le transmettre à nos descendants, Répondons, messieurs, à cette invitation, et que dans cinquante ans , lorsque nos neveux fêteront l'anniversaire séculaire de la fondation de notre société nationale, nous tressaillions, à notre tour, dans la tombe, aux nouvelles acclamations qui s'élèveront de cette vallée historique pour affirmer derechef lexistence politique des descendants de Cartier et de Champlain, des enfants de Lafontaine, de tous ceux qui se consacrent sans caleul au triomphe de la justice et à l'agrandissement glorieux de la patrie.
No 7
DISCOURS DE M. L'ABBÉ F. H. BÉLANGER Curé de Saint-Roch AU BANQUET Eminence, AT. le Président, Mesdames et Messieurs, Je remercie la société Saint-Jean-Baptiste de honneur et du plaisir qu’elle m'a accordés en me demandant de
proposer la santé de Son Eminence le cardinal Taschereau, archevêque de Québec.
Je suis certain que vous accueillerez avec enthousiasme é cette santé, car je sais que, pour la société Saint-Jean- |
Baptiste, Son Eminence le cardinal Taschereau n’est pas seulement un bienfaiteur ordinaire, c’est un bienfuiteur
insigne, qui n’a jamais laissé échapper aucune occasion de : lui prouver son estime et sa confiance, 3 pa Bien plus, dans les trente premières années de sa vie ! sacerdotale, alors que Son Eminence, prêtre distingué de n ces deux institutions que nous aimons tous,—le Séminaire de Québec et l'Université Laval—gagnait l'immense salaire de $20.00 par année, Elle consacrait une large part de | ces émoluments princiers à aider la société Saint-Jean- L Baptiste. I Bien plus encore, chaque fois que la société Saint-Jean- à Baptiste a eu besoin de conseils, et cela depuis la date de L' -sa fondation jusqu’aujourd’hui, elle les a demandss à Son el Eminence, et toujours Son Eminence s’est empressée de a lui venir en aide, de telle sorte que M. le Président pou- + vait me dire ces jours derniers : ‘ La société Saïint-Jean- ÿ Baptiste considère Son Eminence le Cardinal, dont la il À prêtrise coïncide avec la fondation de la dite société, 1 non seulement comme un bienfuiteur insigne, mais \| comme un de ses plus dévoués fondateurs.” pe à Messieurs, je suis de ceux qui pensent qu'il peut y avoir : #1 de vrais patriotes dans toutes les positions de la société ; tu 4 je suis de ceux qui pensent que chacun, dans la place où il la Providence le met, doit travailler au bonheur de sa le: À patrie. Ni cela est vrai, classons de suite parmi les plus pr 4 grands patriotes de Canada celui qui nous honore ha | ce soir de sa présence, et | Enfant J comme nous, sentant couler dans ses À lans les nôtres, le pur sang canadien, ca | le sa patrie un cœur plein de foi et lu
ASC Jeanst pas uiteur on de
sa vie ué de inaire alaire art de -Jean-
-Jeanute de à Son sée de it pou- -J eanont la ciété,
mais
"avoir >ciété ; ace où de sa 8 plus
1onorce
ns 808 adien, foi et
d'énergie, et par là même il a travaillé efficacement à la prospérité de son pays.
La Providence voulut d'abord qu'il consacrât ses talents et ses forces à la grande cause de l'éducation, Il comprit que c'était le champ que Dieu lui donnait à cultiver, que c'était la patrie qu'il devait servir. Aussi l’enscignement n'eut jamais de difficultés pour lui, tant il savait y
mettre de méthode, d'autorité, de clarté et de science.
C'est durant ces années d'enseignement que Dieu l'appelle soudainement à exercer un autre apostolat, Le typhus en 1847 promène ses ravages dans notre pays, Les ouvriers de la vigne du Keigneur n'étant pas assez nombreux, le jeune professeur s'offre volontiers à l'autorité ecclésiastique. Il ne craint pas d'exposer ses jours, à l'endroit du pays le plus périlleux, à la Grosse-fsle, au chevet des malades et des mourants, Ils y rend, et sur ce théatre de sa charité et de son dévouement, il se prodigue, jusqu'à ce qu'enfin, atteint lui-même par le terrible fléau, dans l'exercice de son ministère héroïque, il se voit conduit aux portes du tombeau.
Je vous le demande, Son Eminence at-elle servi sa patrie dans ces jours de détresse et de malheur ?
Le jeune professeur revient à l’enseignement qu'il aftectionne tant.
Je voudrais voir réunis ici ce soir tous les députés, tous les ministres, tous les juges, tous les évêques, tous les prêtres formés par ses soins. Tous proclameraient bien haut que c’est de lui qu'ils ont appris à servir leur religion et leur patrie,
Ah! c’est que Son Eminence aimait l'œuvre de Féducation ; Eile aimait le Séminaire, cette patrie que Dieu
lui avait donnée à servir. Jugez-en par cet extrait d’une
réponse qu'Elle fit, en quittant cette Institution pour monter sur le trône épiscopal de Québec :
+ I m'était si doux et si agréable, ditl, de voir réunie cette nombreuse famille du Séminaire de Québec, de P'Université Laval, du Collège de Lévis, à la tête de laquelle la Providence m'avait placé comme supérieur et comme recteur ! Je savais que dans tous les cœurs mon affection avait un fidèle écho, et je sentais que nous ne faisions tous ensemble qu'un cœur et qu'une âme, dans la pensée commune de servir la canse de la religion et de la patrie, les uns en commandant ou en enseignant, les autres en se préparant par lobéissance et par l'étude, à remplir les desscins de la Providence,
Hélas ! faut-il done que des Lens si étroits se trouvent brisés tout-à-coup !... Fautal quitter cette maison où j'ai trouvé des pères dévours, des confrères pleins d'affection, des enfants qui m'ont payé au ceutuple, par leur docilité, le peu de bien quej'ai essayé de leur faire ! Jaurais espéré y vivre, y mourir, y reposer au milieu de ceux qui furent autrefois mes maîtres et mes modèles. Triste condition des enfants d'Adam, dont les projets les plus légitimes aboutissent tre souvent à la déception! A mon grand malheur, j'ai prêché, exalté, recommandé et enseigné l'obéissance avec trop de zèle, pour avoir le droit de m'y soustraire aujourd'hui...”
Le voilàarchevêque. Cette haute dignité lui fait estimer encore davantage la cause de Péducation, Je serais trop long si j'indiquais du doigt seulement les services rendus à cette grande cause depuis les premiers jours de son épiscopat,
Qu'il me suflise de signaler ses conseils dans le bureau de l'éducation, la part active prise dans la question des écoles du Nouveau-Brunswick et du Nord-Ouest, la quête