‹ Jubilé sacerdotal de S.E. le cardinal E.A. TaschereauChapitre 71 sur 121 · LES ÉCOLES CATHOLIQUES EN ANGLETERRE · texte numérisé non relu

LES ÉCOLES CATHOLIQUES EN ANGLETERRE

Pour en arriver là, nous n’aurions pas besoin de chercher

des exemples ailleurs, nous n'aurions qu'à nous laisser

inspirer par nos traditions, par ce chevaleresque esprit français qui nous est resté en 1763, malgré le départ des

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aile blanche et repassé les mers. Muis si nous n'avions pas trouvé le moyen d’être grands et généreux sur cette terre arrosée du sang des nôtres, nous aurions pu traverser la mer et aller apprendre de l'Angleterre protestante comment elle traite les écoles catholiques. Là aussi régnait jadis l'esprit de persécution et d’intolérance. A cette époque mouvementée, mais pleine de gloire pourtant, alors que l Angleterre, prête en apparence pour toutes les libertés et toutes les grandeurs, regardait par-dessus ses horizons pour devenir dote Un empire auquel nul roi ne touche, Si vaste que jamais le soleil ne s’y couche,

À cette époque, dis-je, les catholiques étaient encore au ban de la société, le parlement leur était fermé, ils étaient les parias de ce royaume qui allait devenir un empire. Or, pendant que ces Titans travaillaient ensemble en leur parlement, et que chacun apportait dans la fournaise son contingent où l’on fondait petit à petit ce qui devait être la couronne d’une impératrice des Indes, voilà qu'un grand silence se fit tout à coup, Quelqu'un voulait venir s'asseoir dans ce temple réservé jusqu'alors au protestantisme ! C'était un citoyen britannique, un député récemment élu, mais un homme qui, dès son arrivée dan: le monde, avait reçu comme son premier sacrement le baiser d’une mère catholique.

Ses ancêtres, dit-on, touchaient aux familles royales, et dans tous les cas d'illustres aïeux Iui avaient transmis le blason incomparable d’une foi vive, cette sainte noblesse des races chrétiennes. Fier de lui-même, convaineu qu'un catholique n’est pas un être inférieur, certain du fait qu'un député du peuple à accès à Westminster, il voulut y entrer, Onlui demanda son nom ; ilrépondit : Je suis catholique.—Comment, un catholique entrer iei Et ces travailleurs se mirent à délibérer, Ils étaient stupéfiés

de cette hardiesse, et se concertaient, aussi étonnés que le proconsul romain d'autrefois l'avait été devant le courage et l’attitude des disciples du plus grand des enfants: des hommes,

Eh bien, qu'il vieune, dirent-ils, nous allons voir. Enfin les portes du parlement britannique s’ouvrirent, et l'on vit un grand spectacle : e’était Daniel O’Connell qui entrait. Mais la victoire n’était pas complète encore. On décida que ce nouveau venu devait prêter le serment de suprématie. “Je suis prêt, dit-il, à en entendre la lecture.”

La formule officielle disait : ‘ Le pape n’a pas et ne doit pas avoir de puissance où d'autorité spirituelle en ce royaume.” O’Connell s'éeria : “Ce serment renferme un mensonge ; je ne le prôterai pas.” Un frémissemeat parcourut l’assemblée qui entendit cette exelamation tombée des lèvres d’un homme que les foules adoraient, dont la voix était plus puissante que celle des monarques et aussi magnifique que celle des prophètes. C’en était trop ; on l’expulsa, et l'élection recommenca. Nommé de nouveau À une écrasante majorité, O’Connell revint, et de

œuerre lasse on le laissa siéger, C'était l'émancipation

des catholiques qui commençait, et trois ans après elle était décrétée par un acte du parlement.

Depuis lors et petit à petit, l’idée catholique aussi bien que l’école catholique prirent leur place au soleil de la fière Albion : si bien qu'aujourd'hui l'Angleterre subventionne officiellement les écoles catholiques ; si bien que le gouvernement anglais permet l’enseignement catholique religieux dans les écoles ; si bien que le cardinal Manning pouvait s'écrier en 1886 que le gouvernement traitait les atholiques, au point de vue des écoles, avec une grande bienveillance, qu'il lui accordait tout ce que raisonnablement il désirait obtenir, que sa population catholique

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Eh bien, voilà le grand exemple que nous donne l'Angleterre, À nous de la province de Québec, voilà l'exemple qu’elle donne au monde entier. Les idées de perséeution et d’intolérance ont fait leur temps, et aujourd’hui les peuples intelligents marchent vers leurs destinées en respectant toutes les libertés légitimes,

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