POÉSIE DE M, L'ABBÉ APOLLINAIRE GINGHRAS
Ainsi du grand prélat que la patrie acelame, L'astreftoujours aimé penche vers son couchant. Vers lui plus que jamais se retourne chaque âme : Car l'approche du soir rend l'astre plus touchant.
Oui, chaque âme vers lui se retourne : on devine Quel murmure d'amour va rendre chaque voix.
écoute... et pour bénir cet astro qui s'incline, Voici les mille échos qui chantent à la fois.
Des collèges battus, tourmentés par l'orage, Pleins d'espoir maintenant, redisent au vieillard : SL nous avons été préservés du naufrage,
C'est toi qui dissipas 1es horreurs du brouillard.
L'Eglise ot la Patrie! Elles sont sœurs jumelles : Elles doivent marcher dans un méme chemin. ù Grâce à toi, Taschereau, grâce à toi, chantent-cllee,
Si nous marchons d'accord et la main dans la main.
Dans nos grandes forêts cent paroisses nouvelles,
Ecloses sur 16 sol au souflle du prélat,
Le cœur plein de son nom, chantent dans leurs chapelles : Gloire à lui gloire à son ardent apostolat :
E'est Venu bénir notre foyer rustique,
[est venu sécher ln sueur sur notre front.
Pour son oreille émue, ah! la sainte musique, C'était, sous nos grands bois, la hache du colon!
avait cet accent qui relève ct console :
* Fiers enfants du travail, oh! vous avez souffert..." [nous énnoblissait de cette autre parole :
Le premier laboureur fut mon ancètre Hébert.”
Mais, muse, pourrais-tu, dans un ingrat silence, Oubliant l'éternel honneur de ce pasteur,
Taire cet hôpital qu'il créa pour l'enfance, Qu'il tit sortir du sol, ou plutôt de son cœur ?
D'un millier d'orphelins j'entends la plainte amère : Anges de pureté, la honte est sur leur front
[ls demandent Les bras et le noi de leur mère : A leur appel plaintif nul écho ne répond,