‹ Jubilé sacerdotale de S.E. le cardinal E.A. TaschereauChapitre 120 sur 141 · POÉSIE DE M, L'ABDÉ APOLLINAIRE GINGRAS · texte numérisé non relu

POÉSIE DE M, L'ABDÉ APOLLINAIRE GINGRAS

Qu'on exulte bien haut toute sublime audace ; Qu'à Short et qu'à Walliek on dresse un monument : Mais quand'un prêtre aussi brave la mort en face, Qu'on Le salue au moins d'un applaudissement !

Le Héau la blessé; mais il n'a pu Pétreindre... Par son règne fécond'tout s'explique aujourd'hui : Li mort, en le frappant, ne pouvait pas l'éteindre ; Car le bon Dieu lui-méme avait besoin de lui ! [en avait besoin, pour le mettre à la tète

D'un grand 'elergé qu'allait tourmenter l'aquilon, L'Eglise allait doubler son cap de ln tempête,

Et lui, nouveau Gama, dovait être au timon.

Aujourd'hui, vovez-le, ee calme et beau navire, lançant sur les flots sa riche cargaison.

Fier de son amiral, l'équipage l'admire,

Et pour lui tous Les cœurs battent à l'unisson.

Sous un ciel étoilé comme à travers la brume,

I voit de loin l'écucil=rocher noir ou corail, Que li vague sommieille où que la vague éeume, On sent qu'un bras d'acier tient 1 le gouvernail,

Et ee soir, officiers, passagers, simples mousses, Groupés autour de lui pendant qu'il est À bord, Entonnent sur Le pont leurs chansons Les plus douces, Tous l'acelament longtemps avant qu'il entre au port.

Son siècle n'attend pas qu'à la tombe il descende, Devançant les décrets de lai postérité,

I dépose déjà sur son front la guirlande,

Dont la fleur croît aux champs de l'immortalité.

Les héros presque tous sont héros d'un autre âge, [faut que la légende—une fée aux doigts d'or— Colore lentement le magique nuage

Qui sera, dans centans, leur immortel décor,

Mais il s'est rencontré mûr pour l'apothéose, Un homme que son siècle a consacré déjà.

Avant que ce mortel dans la tomb l'OpOSE,

Un peuple entier s'écrie : Il est grand. ee prélat ! peu l

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