SS DISCOURS DE M, THOMAS CHAPAIS
L'esprit de corps, la profession que j’exerce tous les jours m'interdisent de trancher cette question délicate. Quoi qu'il en soit, vous permettez bien, messieurs, aux journalistes canadiens de dire, que dans le passé la presse à été parmi nous l’une des grandes forces nationales, Aujourd'hui, nous marchons tête levée et bannières au vent ; nous affirmons fièrement notre vitalité merveilleuse ; nous chantons nos victoires ; nous célébrons, dans lallégresse publique, nos immortels souvenirs ; nous déployons la pompe et la splendeur d’une race triomphante, Mais il y a eu des jours de deuil, il y a eu des jours de ténèbres et d’oppression, il y a eu des heures sombres et navrantes, il y a eu des aurores sinistres de combats désespérés et des soirs lugubres de batailles perdues où l’on se demandait si nous allions mourir, A cette époque il n'y avait qu'une voix qui nous eriât : courage, C'était la voix forte et persuasive de notre clergé patriotique. Mais un jour une voix nouvelle et inconnue, voix vibrante comme une sonnerie de clairons, vint mêler ses accents à ceux de la première et fit tressaillir la nation. C’était la voix de la presse canadienne,
Alors s'ouvrit une lutte épique. Pendant quarante ans notre presse nationale demeura sur la brèche ; pendant quarante ans elle porta la lance et le bouclier ; pendant quarante ans elle combattit tous nos combats et vainquit toutes nos victoires, Etlorsque j'entends proposer la santé de la presse dans une célébration patriotique je me dis toujours : comme l’étendard de Jeanne d’Are, elle à été à la peine, il est bien juste qu’elle soit à l'honneur, En effet, ce n’est pas à nous, journalistes d'aujourd'hui, trop souvent inférieurs à notre lourde tâche et à notre mission glorieuse, ce n’est pas à nous que s'adresse cet honneur, c’est aux journalistes d'autrefois. Quand vous vous écriez : A LA PRESSE; par une évocation soudaine et spontanée, il
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