‹ Jubilé sacerdotale de S.E. le cardinal E.A. TaschereauChapitre 77 sur 141 · DISCOURS DE M, THOMAS CHAPAIS · texte numérisé non relu

DISCOURS DE M, THOMAS CHAPAIS

me semble voir se lever au milieu de nous les grands ancêtres de la presse canadienne: et, votre toast sympathique ne s'adresse plus à nous, mais à Pierre Bédard, à

Denis-Benjamin Viger, à Taschereau, à Duvernay, à

Augustin-Norbert Morin et à Etienne Parent.

Augustin-Norbert Morin et à

Ah ! je sais bien que l’époque où la presse canadienne n'avait qu'un mot d'ordre est passée. Avec le triomphe de nos libertés politiques, notre presse est devenue une arène où nous nous livrons de cruels combats sous des étendards ennemis. Maïs, messieurs, concitoyens venus de partout, compatriotes qui aimez autant mais pas plus que nous la patrie, n'ayez crainte au spectacle de nos guerres de plume. Ne vous arrêtez pas aux surfaces, et venez jusqu'à nos cœurs. Là vous trouverez une corde, la plus forte et la jilus sonore, que feront toujours vibrer à l'unisson ces deux attouchements sacrés : celui de la Religion et celui dela Patrie. Aujourd'hui est un jour de trève fraternelle ; mais demain ce jour de trève se changerait eu un jour de ralliement, d'harmonie et de concentration universelle, si l'Eglise ou la Patrie faisait retentir à nos oreilles l'appel, le eri d'alarme du patriotisme ou de la foi.

Au nom de la presse canadienne, messieurs, j'ose prendre l'engagement solennel qu'elle sera toujours au premier rang, avec un seul cœur, une seule âme et une seule voix, quand il s'agira de défendre le drapeau qui couvre de ses plis glorieux nos institutions, ces fortes institutions qui ont fait de nous une forte race, notre langue, la langue immortelle de Ta France, et nos lois, ces lois que nous avons conquises et qui ont créé nos franchises.

Amiral de France, c'est devenu, ce soir, un lieu commun que de vous adresser des paroles de sympathie cordiale et de fraternelle bienvenue. Cependant je ne puis me

Page 1