SCÈNE II
HOLOPHEKNE,PHÉDY\IE, PHARES, NASSAU, Officiers.
HOLOPHERN'E, avec une tristesse amère, après avoir
donné son casque et son bouclier a Nassar. Quoi ! toujours des combats, toujours le bruit des
[ armes I Autrefois ces périls avaient pour moi des charmes; Mais lant de vains exploits ont lassé mes désirs. Je me prends à rêver à de plus doux plaisirs. Oh ! j'envie en leur sort ces rois de l'Idumée : Dans un calme horizon leur vie est enfermée ; Ils passent leurs beaux jours dans un riant repos, A rentrer leurs moissons , à compter leurs trou-
[ peaux ; Et quand la gerbe est lourde et la vigneabondanle, Ils couronnent de lis leur tète indépendante, Et vont, du vieux Liban franchissant les hauteurs, Offrir un sacrifice au dieu des rois pasteurs. Ils ont dans leurs sujets une famille unie , El jamais un sang pur ne teint leur main bénie. La puissance n'est pas un châtiment pour eux; Leur force est d'être aimés, leur gloire d'être heu-
[ reux.
Oh ! pourquoi venons-nous troubler leur douce vie ? Us tremblent à mon nom, et moi je les envie ! ( Avec dureté à Nassar qui attend ses ordres. ) Le chef des Lydiens, l'avez-vous averti ? Yiendra-t il au Conseil?
NASSAR.
Seigneur, il e>-t parti !
A Damas... vous l'avez envoyé... Je m'étonne...
HOLOPHERNE, à i part.
Je ne me souviens plus des ordres que je donne Insensé !
PHÉDTME, à Phares.
Que d'amour dans cet égarement !