SCÈNE III
Les Mêmes, JUDITH, ZELPHA.
HOLOPHERNE , à part.
C'est elle !
phares à Phédyme.
La voilà ! . .
PHEDYME regardant Holopheme.
Comme il tremble à sa vue 1 A son trouble, Phares, je l'aurais reconnue.
JUDITH, s'inclinant devant Holopherne.
Honneur à vous, seigneur !
HOLOPHERNE, à part.
Qu'elle est douce, sa voix !
Je l'entends aujourd'hui pour la première fois.
Du plus grand des héros j'implore la puissance. Je me nomme Judith. J'ai droit par ma naissance D'attendre un noble accueil d'un prince tel que
[vous.
Je possède ces biens dont le monde est jaloux. D'innombrables troupeaux paissent dans mes cam-
[pagnes.
Mon père, Merari, m'a légué dix montagnes Couvertes d'oliviers, de pampres, de palmiers. Mes esclaves adroits partout sont les premiers. On compte mes moissons par des milliers de ger-
[bcs.
Daus toutes nos cités j'ai des palais superbes.
Des jardins renommés, des trésors précieux. El, fille d'Israël, ses rois sont mes aïeux.
HOLOPHERNE
Parlez, qu'exigez- vous?
( Phares et Phédyme se retirent dans le fond de la tente. ) JUDITH.
Ici le ciel m'envoie.
Aux plus cruels tourmens les Hébreux sont en
[proie ; Ils ont, dans leurs dédains, profané le saint lieu , Par leurs crimes d'orgueil ils ont offensé Dieu, Et Dieu les a maudits ! Pour venger son injure , Je vous les livrerai dès demain, je le jure, Si vous me promettez de respecter leurs jours, Et d'affranchir le fleuve en lui rendant son cours. Le Seigneur, les sauvant ptfur prix deleur courage, Veut punir lrur orgueil par un dur esclavage. Et c'est vous qu'il choisit, dans sa sévérité, Pour donner plus d'éclat à leur captivité. C'est vous qui deviendrez leur vainqueur et leur
[maître.
HOLOPHERNE
Mais le secret de vaincre ?...
Il vous l'a fait connaître.
Si vous lui promettez...
HOLOPHERNE
De lui je n'attends rien, Et ce Dieu redoutable est l'ennemi du mien.
Il est puissant, il sait quel tourment nous oppresse...
Il pénètre nos vœux .. nos rêves de tendresse...
HOLOPHERNE
Eh quoi !.. connaîtrait-il celle que j'ose aimer ? JUDITH.
Permettez-moi, Seigneur , de ne la pas nommer.
nOLOPHERNE.
Ah! madame! à vos lois heureux de me soumettre, Pour le salut des Juifs je puis tout vous promettre ; On m'attend au Conseil, j'y vais parler pour eux, J'ai bien acquis le droit d'èlre un jour généreux. ( Il sort en donnant des ordres à Nassar ; Phares le suit. )
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