‹ JudithChapitre 23 sur 547 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

HOLOPHERNE, PHÉDYME, dans le fond du théâtre, NASSAR , OFFICIERS , GARDES.

PHÉDYME.

Rassurez-vous, seigneur, j'ai perdu tout espoir. C'est pour vous dire adieu que j'ai voulu vous voir. De vos ordres cruels je ne viens pas me plaindre; Regardez, je suis calme, et je sais me contraindre; Mais un affreux péril vous menace aujourd'hui ! Et tremblante, je viens vous armer contre lui.

IIOIOPIIFRNE.

Phédyme, aucun danger ne menace ma vie. * PHÉDYME.

D'un horrible soupçon malgré moi poursuivie, Pour vos jours, je crains tout, le fer et le poison , Et l'on respire ici l'air de la trahison.

IIOI.OPHERNE.

Oh ! vous venez creor...

PHEDYME.

Je n'ai point parlé d'elle!

Mais, seigneur, permettez qu'un esclave fidèle Vous garde, et de ces lieux connaissant les détours, Puisse au moindre danger vous porter ses secours. Redoutez la douceur de telle main fatale ! O dieux ! pourquoi faut-il qu'elle soit ma rivale ! On ne m'écoute pus... mes cris sont superflus. Quel homme ose écouler celle qu'il n'aime plus! Il croit que je la hais parce qu'elle sait plaire , Il prend mon désespoir pour une humble colère; Il ne devine pus que, bravant ses mépris, Généreuse, je veux le sauvi r a tout prix. 01) ! lai'se-moi du moins, dans ce péril extrême .

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