‹ JudithChapitre 26 sur 547 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

HOLOPHERNE. Dans le fond du théâtre, NASSAR, Gardes.

holopherne.

Ah ! tu veux m 'attendre, Phédyme, et tu me braves! Dieux!... elle m'a laissé tousses dards en partant! Moi soupçonner Judi th !.. moi, moi qui l'aime tant... 0 supplice! nourrir cet effroyable doule, Voir dans l'être adoré l'ennemi qu'on redoute, Fuir et craindre Judith!... la faire espionner... Non! ...j'aime mieux mourir que de la soupçonner; J'aime mieux devenir sa victime insensée Que de la voir jamais rougir de ma pensée !... Cepen lant elle hait nos prêtres et nos dieux... Nos usages sacrés lui semblent odieux... Elle est juive, elle est sainle, i t Moïse l'inspire... Veuve, elle redoutait l'amour et son empire ; Et tout à coup... Mon cœur n'ose s'interroger... L'altrait qu'elle a pour moi, c'est l'attrait du danger...

Sa douleur, sa fierté, iout en elle est mystère... Et ce matin t ncor son trouble involontaire D'un infâme complot semblait me prévenir... Mais elle ne vient pas... Qui peut la retenir?

(A Nassar.) As-tu parlé ce soir à Judith elle—même':'

NASSAR.

Au festin solennel, par votre ordre suprême, J'ai convié Judith : elle viendra, seigneur.

HOLOPHERNE

Et Judith a sans crainte accepté cet honneur? Tu n'as pas remarqué... Mais je l'entends... c'est

[elle.

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