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SCÈNE YII

JOSÉPHINE, ASPASIE, un carton et un écrin sous le bras ; GEORGETTE.

GEORGETTE

La voici !

JOSÉPHINE , avec empressement.

Venez, venez, Aspasie... (A Georgette.) Ferme la porte.

ASPASIE, à part, gaîment et posant son carton au fond.

Ce n'est pas sans peine!

JOSÉPHINE, voulant la faire asseoir.

Mettez-vous là... Que je suis donc fâchée de vous avoir fait attendre!.. Ainsi, ma chère Aspasie , vous avez découvert un complot contre les jours du premier consul?

ASPASIE

Moi, Madame? Je n'ai pas dit cela... (Souriant.) Et j'espère que vous me pardonnerez la petite supercherie que j'ai employée pour parvenir jusqu'à vous.

JOSÉPHINE , se refroidissant.

Comment?

ASPASIE

J'ai dit : un secret qui intéresse le premier consul... et cela intéresse en effet sa gloire, son honneur... car il s'agit de l'empêcher de commettre une grande injustice.

JOSÉPHINE

Une injustice!., lui?.. Bonaparte!

ASPASIE

Sans le savoir... Il suffira d'un mot de Vous... Figurez- vous, Madame...

JOSÉPHINE, reprenant son indolence.

Ah! je devine! encore des sollicitations, des grâces à demander... Mon mari m'a défendu de me mêler... Et puis, dans ce moment, je ne suis vraiment pas en état de vous entendre!..

une migraine «ffreuse... une autrefois... (Voulant la congédier.) Bonjour, Aspasie!

(Elle s'assied près de la toilette.) ASPASIE , à part.

Que je suis sotte d'avoir voulu aborder franchement... Avec les jolies femmes, il faut tou* jours tourner la position. (Haut et de l'air du plus grand intérêt. ) Madame est souffrante?

JOSÉPHINE

Oh! beaucoup!

ASPASIE

On ne le dirait pas... à la vivacité de ses yeux, à l'éclat de son teint.

Joséphine, se tournant vers elle en souriant. Vous trouvez?

aspasie, appuyant.

Jamais la beauté de Madame n'a brillé déplus de charmes... et je suis sûre que le diadème que je lui apporte va lui aller à ravir. Joséphine, avec empressement.

Vous m'avez trouvé un diadème?

ASPASIE , allant chercher l'écrin.

Délit ieux !.. j'ai couru tout Paris.

JOSÉPHINE

Est-ce celui dont vous m'avez parlé ce malin ?

ASPASIE

Fi donc!.. Il était vieux, mal monté... ce n'était pas digue de vous... Tenez, Madame, regardez le feu de cesdiamans, leur belle eau!., comme c'est léger, délicat et brillant à la fois! JOSÉPHINE , le prenant et l'admirant.

En effet... cette parure est d'une richesse... Vois donc , Georgette.

georgette, de même.

Oh ! comme cela irait bien à Madame.

ASPASIE

Si Madame voulait l'essayer?..

JOSÉPHINE , se défendant à peine.

Est ce que cela se peut? je suis coiffée à la grecque.

ASPASIE

Bon!., un diadème va avec tout. (Elle s'apprête à la coiffer. ) Ça ne gâte jamais rien !

Quel enfantillage! (A Georgette.) Prends garde que personne ne nous surprenne, Georgette. georgette.

N'ayez pas peur. *

Joséphine, se regardant dans une glace.

Ce n'est pas que je tienne à ces futilités. (A Aspasie.) Un peu plus en avant.

ASPASIE , le plaçant.

Ce diadème semble fait exprès pour Madame.

JOSÉPHINE

Flatteuse !

ASPASIE

Oh! non!.. Je répète ce que j'entends dire à tout le monde. (Elle arrange ses cheveux.) Tenez... voyez...

GEORGETTE , enchantée.

Oh ! que cela vous sied bien.

* Georgette, Joséphine, Aspasie.

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