ACTE IV, SCÈNE VIII
Si
JOSÉPHINE , tentée, se levant et tenant le diadème à la main.
Vraiment? Combien veut-on le vendre?
ASPASIE
Vingt mille francs!., c'est pour rien.
GEORGETTE, se récriant.
Vingt mille francs!
Joséphine, naïvement, à Georgelte.
Eh bien! ce n'est pas cher... ( Se reprenant. ) pour tout autre !.. mais pour la femme du chef d'une république...
ASPASIE
Oh! Madame, la république est riche des trésors que son épée lui a conquis... Le premier consul n'a qu'à se baisser pour en prendre,
JOSÉPHINE
Le premier Consul ne se baisse jamais.
ASPASIE
C'est ce que je voulais dire!., son désintéressement est connu de toute l'Europe... Comment donc!., on assure qu'il n'a pas même rapporté d'Egypte un seul cachemire.
JOSÉPHINE, vivement.
Pas un seul !.. j'en sais quelque chose ! moi, sa femme Je l'ai grondé!..
ASPASIE
Raison de plus pour qu'il vous donne cette parure... d'abord, je ne la remporte pas, allons, allons, Madame... elle vous va si bien. (Georgette se joint à elle pour engager Joséphine à prendre le diadème.) JOSÉPHINE, le donnant à Georgette.
A la bonne heure... mais je crains que Bonaparte ne me trouve déraisonnable.
ASPASIE
Il vous trouvera adorable ainsi !.. vous aimera davantage, si c'est possible... et n'aura rien à vous refuser... pas même la grâce que je viens solliciter.
JOSÉPHINE, froidement.
Une grâce?..
aspasie, vivement et se tournant vers elle.
Par pour moi, Madame... mais pour une jeune personne bien à plaindre... et qui vous devra son salut!.. Mes cartes me l'ont dit ce matin.
JOSÉPHINE," vivement, et se tournant vers elle.
Vous savez tirer les cartes?
ASPASIE, avec une gravité comique.
Première élève de M:ie Lcnormand.
JOSÉPHINE, avec joie.
Oh! alors, je suis prête à vous entendre!.. (A Georgette.) Tu vois, Georgette, c'est une affaire sérieuse... une pauvre jeune personne... Laisse-nous, et veille bien à ce que personne n'entre ici !
GEORGETTE
Oui, Madame.
(Elle sort.)