SCÈNE IV
CARLO , suivant sa sœur des yeux.
Adieu... adieu ma sœur... Ah! je suis comme elle, j'en pleurerais presque... (Essuyant ses larmes.) Allons donc, c'est à moi d'avoir du cœur et des forces... Et pour retourner à trois lieues d'ici, au couvent des Hyéronimites où je demeure, moi qui n'ai presque rien pris depuis ce matin, je ferais peut-être bien de m'arrèter un instant à la posada des armes de Castille , où je retrouverai mon pauvre jeune homme de tout à l'heure... que Casilda aime tant ! (Il fait quelques pas et s'arrête.) Non... non, dans toutes ces hôtelleries ils prennent si cher aux voyageurs... Ce serait une dixaine de réaux que ça me coûterait... pour le moins, et cet argent-là n'est pas à moi... c'est à mes sœurs... ce serait les voler... (Fouillant dans sa poche.) Ce qu'il y aurait d'ennuyeux, ce serait d'être à table tout seul... Mais seul... je ne le suis jamais... et ton souvenir, ô ma mère ! est toujours avec moi !