‹ JudithChapitre 56 sur 547 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

Un Domestique, occupé à ranger, le COMTE entrant.

LE COMTE, violemment agité.

Dites au chevalier qu'il vienne me trouver à l'instant... N'avez-vous pas entendu? Allez. (Seul.) Ce doute me tue, il faut que j'en sorte. — Un doute ! — Son trouble quand je l'ai surprise avec ce jeune homme, son embarras depuis qu'il est au château, ces paroles échangées à voix basse... Oui, oui, cette lettre de la baronne ne disait que trop la vérité, et ce récit du chevalier, mensonge ! mensonge ! c'est certain ! Ah ! je garderai quelque temps encore un masque de marbre sur mon visage, mais il ne sera pas dit qu'un misérable séducteur aura le droit de sourire en entendant le nom du comte d'Altenberg ; il n'aura pas introduit dans ma maison impunément la contagion d'un amour criminel. Une preuve, une seule preuve, et par la mémoire de mon père, je vengerai sur eux mon offense!... Mais cela est-il possible! Amélie... Deviez-vous finir ainsi, bonheur de seize années ! Oh ! nous le pleurerons amèrement tous les deux! nous le pleurerons... et c'est nous qui l'avons tué. (Il se laisse tomber sur un fauteuil à gauche.)

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