‹ Judith et Esther, mois de Marie du XIXe siècleChapitre 20 sur 72 · A4 SEPTIEME JOUR · texte numérisé non relu

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ble à celle-ci pour la beauté du visage ou pour la sagesse des paroles. »

Réflexion. — Béthulie est aux abois. Les habitants ont adressé directement leurs prières au Seigneur, Aucun secours ne leur est arrivé. AbattuS; découragés, ils ont résolu de se rendre à leurs ennemis. Ils avaient oublié de recourir à celle, par qui Dieu voulait les sauver. Mais Judith avait vu leurs angoisses. Sans être priée et n'écoutant que son amour pour son peuple, elle se dévoue afin de le sauver.

Les nations d'aujourd'hui, les provinces, les villes, les villages, les familles même, sont comme autant de villes assiégées par d'implacables ennemis. Le mal gagne de plus en plus. Le découragement s'empare des âmes, et, dans une espèce d'indifférence et de stupeur, on se résigne à ce qui doit arriver.

Que reste- t-il ? Prier, prier beaucoup et nous souvenir que nous avons aussi une Judith, choisie de Dieu pour sauver le monde. Tous les siècles ont admiré le dévouement de la jeune veuve de Béthuhe : c'est ici surtout qu'elle est la figure de la sainte Vierge.

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Plus admirable est le dévouement de Marie. Pour sauver le genre humain, elle a exposé plus que sa vie, elle a donné celle de son fils. Mais aussi sa médiation auprès de Dieu est devenue toute-puissante. Cette médiation est notre dernier espoir. Puisque, par la grâce de Dieu, le bon dix-neuvième siècle l'a compris, il lient en ses mains le gage de son salut.

Invocations. — Épargnez, Seigneur, épargnez votre peuple : ne soyez pas toujours irrité contre nous.

0 Marie, secours des chrétiens, priez pour la Prusse.

Pratique. — Assister ;\ la messe pendant la semaine.

VIIF JOUR.

Judith dans la tente d'Holoferne.

Alors Holoferne commanda qu'on fit entrer Judith dans la tente, où étaient ses trésors et qu'elle y demeurât. « Yous serez nourrie, ajouta-t-il, des mets de ma table. » Judith lui répondit : « Je ne pourrai pas manger des choses que vous ordonnez qu'on me donne, parce que j'offenserais mon Dieu. Je mangerai de ce que j'ai apporté avec moi. » Grande leçon ! qui condamne hautement les esclaves du respect humain.

Holoferne repartit : « Si ce que vous avez apporté avec vous vient à manquer : que ferons-nous ? » Judith lui répUqua : « J'en jure par votre vie, mon seigtieur, avant que votre

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servante ait consommé tout ce qu'elle a apporté, Dieu fera par ma main ce qu'il m'a inspiré. » Holoferne n'insista pas davantage; et ses serviteurs conduisirent Judith dans la tente qui lui était assignée. Elle demanda, en y entrant, la liberté de sortir la nuit et avant le jour, pour aller faire sa prière, et invoquer le Seigneur. C'était la coutume des Juifs de réciter certaines prières, deux fois par jour, le matin à la pointe du jour, et le soir à l'apparition des étoiles. On voit que les prières du soir et du matin sont une loi de l'humanité.

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En demandant cette permission, Judith avait un double but. Elle voulait, d'abord, dans les graves circonstances où elle se trouvait, observer exactement ses devoirs envers Dieu, afin de s'assurer sa protection. Elle voulait de plus se ménager la liberté de sortir du camp, sans exciter de soupçons, lorsqu'elle le jugerait convenable. Holoferne accueillit sa demande et commanda aux huissiers de sa chambre de la laisser entrer

et sortir, selon qu'elle le voudrait, pendant trois jours, pour adorer son Dieu. Elle sortit donc toutes les nuits, dans la vallée de Béthulie, et s'y lavait. C'était , sans doute, afin de se purifier des souillures légales qu'elle pouvait contracter au milieu des Gentils. La fontaine existe encore, et les pèlerins de terre sainte ne manquent pas de la visiter (1).

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Après s'être lavée, Judith priait le Seigneur Dieu d'Israël, de la conduire dans le dessein qu'elle avait prémédité pour la délivrance de son peuple. Commun aux Juifs et aux premiers chrétiens, l'usage de se laver avant de prier est encore observé par le prêtre qui se prépare à monter à l'autel. La netteté du corps rappelle la pureté d'âme qu'il faut apporter dans les communications avec Dieu. Rentrée dans sa tente, Judith y restait jusqu'à ce qu'elle prît sa nourriture, vers le soir. Ainsi, elle jeûnait tous les jours. La prière

(1) .Vdriclioni.. i/i BethuUa.

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