JUDITH DANS LA TENTE D'HOLOFERNE
et le jeûne étaient les deux armes dont elle se munissait pour conserver sa vertu et pour délivrer son peuple.
l.e quatrième jour après l'arrivée de Judith, Holofernc donna un grand festin à ses principaux officiers : Judith y fut invitée. « Bonne jeune fille, lui dit l'envoyé chargé de l'invitation, ne craignez pas d'entrer chez mon seigneur. Il veut vous honorer en vous faisant manger avec lui et boire du vin dans la joie. » Judith répondit : «Qui suis-je, moi, pour m'opposer à la volonté de mon seigneur. Je ferai ce qu'il trouvera bon el qui lui paraîtra le meilleur. »
Elle se se leva ensuite, se para de ses ornements, et, étant entrée dans la tente d'Holoferne, elle parut devant lui. Holoferne, en la voyant, fut frappé au cœur. Le festin commença et se prolongea fort avant dans la nuit. « Buvez, disait Holoferne à Judith,
mangez avec joie, parce que vous avez trouvô grâce devant moi. » Judith répondait : « Je boirai, mon seigneur, parce que je reçois aujourd'hui le plus grand honneur que j'aie reçu de ma vie. » Cependant elle ne toucha ni aux mets ni au vin qui lui étaient offerts ; mais elle prit ce que sa suivante lui avait préparé, et elle mangea et but devant lui. ïïoloferne, transporté de joie, but ce soir-là plus de vin qu'il n'en avait bu en aucun jour de sa vie.
Réflexion. — Judith, dans la tente d'Holoferne, c'était la brebis dans l'antre du lion. L'histoire n'offre pas de position plus délicate et plus périlleuse. Dans ses paroles et dans ses démarches, quelle prudence il fallait à Judith pour ne rien laisser soupçonner de son dessein ! Afin de se défendre des attaques livrées à sa vertu, quel besoin elle avait d'une force toute divine ! C'est dans son union intime avec Dieu, qu'elle puisa l'une et l'autre. Ici, comme ailleurs, elle était la ligure de la sainte Vierge.
Retirée tour à tour dans le temple de Jérusalem ou dans sa maison de Nazareth, Ma-
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rie prépara, par ses longues austérités et par ses prières incessantes, la victoire qu'elle devait remporter sur le démon. Non moins difficile que celle de Judith, est la position de l'Église au milieu du monde, devenu pour elle une nouvelle tente d'Holoferne. Comme ceux de Béthulie, les deux plus redoutables ennemis de l'Église et des nations du dix-neuvième siècle, sont les démons de l'orgueil et de la volupté. Voulons-nous les vaincre? recourons aux armes de Judith et de Marie. Ce genre de démons, dit Notre - Seigneur, ne peut être chassé que par la prière et le jeûne.
Invocations. — Épargnez, Seigneur, épargnez votre peuple, ne soyez pas toujours irrité contre nous.
0 Marie, secours des chrétiens, priez pour la Pologne.
Pratique. — Jeûner le samedi, ou, du moins, faire chaque jour une mortification.