ESTHER
chodonosnr en avait usé c\ l'égard do Daniel cl de ses compagnons. Non moins courageuse (]ue Daniel el Judith, Esther refusa les mets défendus par la loi de Moïse ou qui avaient été offerts aux idoles.
lY
Ce refus piqua la curiosité du chambellan, qui demanda à Esther quelle était sa patrie et à quelle nation elle appartenait. Elle ne voulut pas le dire ; car Mardochée lui avait ordonné de garder sur cela un silence absolu. Cette recommandation entrait dans les vues de la Providence, et la fidélité d'Esther à s'y conformer devait ôtre récompensée par le salut de son peuple. Cependant Mardochée, plein de sollicitude pour sa fille adoptive, voulait savoir à chaque instant ce qui lui arriverait. Il venait donc tous les jours se promener devant le vestibule du palais, où étaient gardées les vierges choisies. Sa dignité de grand chambellan, qui l'appelait aux demeures royales, expliquait sa présence et écartai^ tout soupçon.
104 DTX- SEPTIEME JOUR.
Suivant l'usage, Esther el ses compagnes restèrent une année entière avant d'être présentées à Assuérus. Tout ce temps était employé à augmenter leurs attraits et à les former aux habitudes de la cour. On faisait surtout usage des parfums les plus exquis de l'Orient et entre autres d'huile de myrrhe, rendue nécessaire par la chaleur du climat. Lorsque le jour était venu où elles devaient être présentées au roi, on leur donnait tout ce qu'elles demandaient pour se parer, ainsi que les personnes dont elles désiraient être accompagnées. Conformément à l'étiquette de la cour, tout cela se faisait avec ordre et avec une grande solennité.