‹ Judith et Esther, mois de Marie du XIXe siècleChapitre 43 sur 72 · G VINGTIEME JOUR · texte numérisé non relu

G VINGTIEME JOUR

rendent à notre empire la paix qu'ils ont troublée. »

Aussitôt des courriers, porteurs de l'édit, furent expédiés dans toutes les provinces. Celles-ci étaient prévenues d'avance de se tenir prêtes à exterminer tous les Juifs, sans aucune exception de vieillards, de femmes, d'enfants ou de petits enfants. Le massacre devait commencer le treizième jour d'Adar, se continuer le lendemain et être suivi du pillage de tous leurs biens. Avant l'arrivée des courriers h leur destination, l'édit fut affiché dans Suse. Pendant qu'on le placardait sur tous les murs de la capitale. Aman dînait au palais avec Assuérus. Heureux de son succès, il buvait avec délices les larmes que versaient avec abondance les Juifs présents dans la ville, en attendant la volupté plus grande encore de s'abreuver de leur sang et de se gorger de leurs richesses.

Réflexion. — Aman fait croire à Assuérus que les Juifs méprisent ses ordres et qu'ils sont dans un état permanent de rébellion.

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Rien n'était plus faux. Tout sp bornait à un refus de génullcxion, devant l'orgueilleux ministre, de la part de Mardochée : et ce refus était très-légitime. Sur une pareille calomnie tout un peuple est condamne à périr.

Les ennemis du peuple de Dieu, ancien et nouveau, sont toujours les mêmes, parce que leur chef, le démon, ne change ni ne vieillit. Le mensonge est leur moyen, la cruauté leur but. Pour faire exterminer les premiers chrétiens, nos pères dans la foi, il n'est sorte de calomnies que leurs ennemis n'inventèrent contre eux. Si l'année est chère, si la peste sévit, si la terre tremble, si le Tibre déborde, si les armées de l'empire éprou vent un échec, si une province se révolte, aussitôt l'on crie de toutes parts : les Chrétiens an lion ! christianos ad leonem! Leur nom était celui de tous les crimes.

Rien n'a changé. Au dire des impies de nos jours, l'Église, le Saint-Père, les prêtres, les cathohques sont les ennemis des lumières, du progrès, delà liberté : sans eux le monde vivrait heureux et prospère. De pareilles ca-

lomnies chaque jour répétées égarent les peuples et les arment contre la religion d'une haine fanatique, d'autant plus à craindre qu'elle est plus aveugle.

Amanafllchait soncdit de proscription sur les murs de Suse et l'envoyait dans toutes les provinces. A son exemple, ils affichent leurs projets sanguinaires sur les murailles de nos villes, et par leurs journaux les envoient aux quatre coins du monde. Mais comme Esther veillait sur l'ancien peuple de Dieu, Marie veille sur le nouveau. A cette mère toutepuissante et toute bonne, confions nos intérêts, ceux de la société et ceux de l'Église. Soyons vraiment ses enfants et dormons tranquilles à l'ombre de ses ailes.

Invocations. — Épargnez, Seigneur, épargnez votre peuple, ne soyez pas toujours irrité contre nous.

0 Marie, secours des chrétiens, priez pour la Cochinchine.

Pratique. — Réciter le Sub tuum.

XXP JOUR, Mardochée.

Un des premiers informés delà fatale nouvelle fut Mardochée. 11 était sur la place publique, où l'cdit venait d'être affiché. A la vue de cet arrêt de mort contre sa nation et contre lui, il déchira ses vêtements, se revêtit d'un sac, se couvrit la tète de cendres, et se mit à pousser des cris lamentables. Telles étaient les marques de grand deuil chez les Juifs et chez les Perses. Toujours sanglottant, il vint jusqu'à la porte du palais du roi. Là, il dut s'arrêter; car il n'était pas permis de passer la porte royale, vêtu d'un habit de deuil.

A mesure que l'édit arrivait dans les provinces, la consternation devenait générale

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