‹ Judith et Esther, mois de Marie du XIXe siècleChapitre 62 sur 72 · ÉDIT EN FAVEUR DES JUIFS · texte numérisé non relu

ÉDIT EN FAVEUR DES JUIFS

haonites ; Holoferno, par Judith; Samson. parDalila;Putiphar, parsa femme ; Roboam, par ses jeunes conseillers : combien de faits analogues on lit dans Ihistoire des peuples anciens et modernes!

La loyauté avec laquelle Assuérus répare une injustice, malgré la crainte d'une révolution, est une nouvelle leçon donnée aux supérieurs, plus précieuse encore que la première. Enfin, l'extermination des ennemis des Juifs nous révèle la nature des lois qui régissaient les anciennes monarchies, sans laisser à personne le droit d'accuser d'injustice et de cruauté ni Assuérus, ni Esther, ni Mardochée.

Yoici l'édit rendu le vingt-troisième jour du mois de Siban, troisième mois de l'année persane, par conséquent trois mois dix jours après l'édit d'Aman. « Le grand roi Assuérus, qui règne depuis les Indes jusqu'en Ethiopie, aux chefs et aux gouverneurs des cent vingt-sept provinces qui sont soumises à notre empire, salut :

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'( Plusieurs, abusant de la bonté des princes et des honnenrs qu'ils en ont reçus, deviennent insolents : et non-seulement ils tâchent d'opprimer les sujets des rois, mais, ne pouvant porter avec modération la gloire dont ils ont été comblés, font des entreprises contre ceux mêmes de qui ils l'ont reçue. Non contents de méconnaître les grâces qu'on leur a faites et de violer dans eux-mêmes les droite de l'humanité, ils s'imaginent qu'ils pourront se soustraire à la justice de Dieu, qui voit tout.

« Et ils sont venus à un tel degré de folie que, s'élevant contre ceux qui s'acquittent de leur charge avec une grande fidélité^ et qui se conduisent de telle sorte qu'ils méritent d'être loués de tout le monde, ils tâchent de les perdre par leurs mensonges et leurs artifices, en surprenant par leurs déguisements et par leur adresse la bonté des princes qui jugent des autres^ d'après eux-mêmes. Ce qui se-voit clairement par les anciennes histoires. Et ce qui se passe encore tous les jours, ap-

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prend combien les bonnes inclinations dos princes sont souvent altérées par de faux rapports. En conséquence, nous devons aujourd'hui pourvoir par nous-mènie à la paix de toutes les provinces.

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(( Si nous ordonnons des choses différentes, ne pensez pas que cela vienne de la légèreté de notre esprit; croyez plutôt que c'est la vue du bien public qui nous oblige à régler nos décrets selon la diversité des temps et la nécessité de nos affaires. Et afin que vous compreniez plus clairement ce que nous disons : Nous avions reçu avec bonté auprès de nous, Aman, fils d'Amadathi, qui n'avait rien de commun avec le sang des Perses et qui a voulu déshonorer notre clémence par sa cruauté. Et, après que nous lui avions donné tant de marquesde notre bienveillance, jusqu'à le faire appeler notre père, et à le faire adorer de tous comme le second après le roi, il avait comploté, avec une méclian- (>olé inouïe et toute nouvelle, de perdre

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Mardochée, par la fidélité et les lions services duquel nous vivons, et Esther, notre épouse, la compagne de notre royauté, avec tout son peuple, afin qu'après les avoir massacrés et nous avoir ôté ce secours, il put nous surprendre nous-môme et faire passer à des étrangers l'empire des Perses;

(i Mais nous avons reconnu que les Juifs, destinés à la mort par cet homme détestable, n'étaient coupables d'aucune faute; qu'au contraire, ils se conduisent suivant des lois justes, et qu'ils sont les enfants du Dieu très-haut, par la grâce de qui le royaume a été donné à nos pères et à nous-mème et se conserve encore aujourd'hui entre nos mains. C'est pourquoi nous déclarons que les lettres qu'il vous avait envoyées contre eux, en notre nom, sont de nulle valeur; et qu'à cause de ce crime il a été pendu avec tous ses proches devant la porte de la ville de Suse : Dieu lui-même, et non pas nous, lui ayant fait souffrir la peine qu'il a méritée.

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(( Que cet cdit donc que nous envoyons présentement soit affiché dans toutes les villes, afin qu'il soit permis aux Juifs de garder leurs lois. Vous leur prêterez secours, afm qu'ils puissent mettre à mort ceux qui se préparaient à les perdre, le treizième jour du douzième mois, appelé Adar ; car le Dieu tout-puissant leur a fait de ce jour qui devait être un jour de deuil et de larmes, un jour de joie.

Tous aussi, mettez ce jour au rang des jours de fêtes et célébrez-le avec toute sorte de réjouissances, afin qu'on sache à l'avenir que tous ceux qui obéissent fidèlement aux Perses, sont récompensés comme leur dévouement le mérite, et que ceux qui conspirent contre l'empire sont punis d'une mort digne de leur crime. S'il se trouve une ville qui refuse de prendre part i\ cette fête solennelle, qu'elle périsse par le fer et par le feu et qu'elle soit tellement détruite, qu'elle ne puisse jamaisservir do retraite ni aux lionimo'^

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ni aux bêles, mais qu'elle soit un monument éternel du châtiment dû à la désobéissance et au mépris. »

Réflexion. — Dans l(jut ce qui regarde la défiance dont il faut user à l'égard des flatteurs et des conseillers intéressés, le décret d'Assuérus est de tous les temps, mais en particulier des temps actuels. Les rois et surtout les peuples d'aujourd'hui sont environnés d'Amans, qui leur conseillent de perdre le peuple chrétien. Plus de christianisme, plus d'Église, plus de pape, plus de prêtres, plus de catholiques : ils sont en conspiration permanente contre la liberté, le progrès, la civilisation, la paix des familles et le bonheur des nations. Ainsi raisonnait, contre les Juifs, l'hypocrite Aman, à la cour d'Assuérus.

Ainsi raisonnaient, contre nos pères dans la foi, les sophistes païens, à la cour des Césars. Ainsi raisonnaient, en France, les philosophes incrédules, à la veille de la Révolution : et leurs conseils devinrent la persécution, la spoliation, la mort sous toutes les formes. Ainsi raisonnent aujourd'hui, dans joule l'Europe, leurs innombrables succès-

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