‹ Judith et Esther, mois de Marie du XIXe siècleChapitre 63 sur 72 · KDIT EN FAVEUR DES JUIFS · texte numérisé non relu

KDIT EN FAVEUR DES JUIFS

seurs. Avis aux rois, aux peuples, à nous tous de erier vers Marie, comme les apôtres à Notre-Seigneur au milieu (U' la tempête : Sauvez-nous, nous périssons : Sàlva nus, //e-

J'illlKS.

Invocations. — Épargnez, Seigneur, épargnez votr(> peuple : ne soyez pas toujours irrité contre nous.

0 Marie, secours des chrétiens, priez pour l'Amérique septentrionale.

Pratique. — Réciter trois fois Monstra te esse mat rem, etc.

XXIX^ JOUll.

Triomphe des Juifs.

Pendant que les courriers portaient en toute hâte les lettres du roi dans toutes les provinces, l'édit de révocation fut affiché dans Suse. Toute la population le lut avidement, mais avec des sentiments bien opposés. Aux uns il inspirait une juste terreur, tandis qu'il remplissait les autres d'allégresse. Les Juifs non-seulement de la capitale, mais de toutes les villes de province, étaient prévenus d'avoir à s'assembler d'abord pour défendre leur vie, ensuite pour exterminer leurs ennemis, avec leurs femmes et leurs enfants et s'emparer de leurs dépouilles.

Tel était le sort que les ennemis des Juifs leur avaient réservé. Ainsi que nousl'avons vu, l'édit d'Aman portait en propres termes : « Qu'on tue et qu'un cxlerniinc tou> les Juifs,

TRIOMl'llE DES JUIFS. 189

depuis l'enfant jusqu'au vieillard, les petits eufants et les femmes, et qu'on pille tous leurs biens. »

La terreur et l'allégresse furent. portées au comble, lorsqu'on vit Mardochéc sortir du palais, où il venait de s'entretenir intimement avec le roi. Le tout-puissant ministre parut dans un grand éclat. Monté sur un superbe cheval et entouré d'un brillant cortège, il portait une robe royale, couleur d'hyacinthe et de bleu céleste; sur la tète une couronne d'or et sur les épaules un manteau de soie et de pourpre. A son aspect toute la ville, c'està-dire tous les Juifs et tous les amis des Juifs, tressaillirent de bonheur. Une nouvelle lumière semblait se lever sur les Juifs, et annoncer des jours de victoires, de réjouissances et de félicités.

Il en fut de même dans toutes les provinces et dans toutes les villes, oîi l'édit du roi était porté. Partout lo^ Juifs étaient ivres de

lyO YiNGT-NEUVlÉME JOUR.

joie, se donnaient des festins et célébraient des jours de fête. C'est au point qu'un grand nombre de gentils embrassèrent leur religion. Connue Nabuchodonosor, à la vue des enfants miraculeusement préservés dans la fournaise, confessa le vrai Dieu ; de môme ces idolâtres, en voyant le sort des Juifs si promptement changé, ne purent s'empêcher de reconnaître l'action du Dieu qui veillait sur ce peuple, dont le nom seul remplissait de crainte tous les esprits.

C'est, en effet, une chose digne de sérieuse remarque que la domination du Juif chez tous les peuples avec lesquels il s'est trouvé en rapport. Entré esclave en Egypte dans la personne de Joseph, il finit dans la personne de ce même Joseph, par dominer tout le pays. Héritier de la terre promise, il anéantit les sept peuples chananéens qui en étaient possesseurs. Esclave de nouveau à Babyloncj il règne sur l'empire, dans la pcr>onnc de Daniel ; cl plus tard dans celle de Mardochcc.

'IKlOMl'Ui; DES JlllS. l'Jl

Libre depuis hier, chez lesiialions chrrliennes, où il l'ut si longtemps opprimé, il marche visiblement à la souveraineté, si déjà il ne la possède en partie. Au/oiiff/'/tui, c'est l'ur qui possède le monde, et c'est le Juif qui possède l'or. Ce fait évidemment providentiel nous montre que Dieu a toujours des tendresses particulières pour ce peuple, et qu'à raison de la loi de solidarité, il récompense dans les enfants les vertus de leurs pères, Abraham, Isaac et Jacob.

Daté du vingt-troisième jour du troisième mois de l'année, le second édit d'Assucrus ne devait être exécuté que le treizième et le quatorzième jour du douzième mois. Pour- ({uoi ce délai de neuf mois? plusieurs raisons le rendaient nécessaire. 11 fallait d'abord laisser le temps de publier l'édit, dans les lieux les plus éloignés de l'immense enqjire. Il fallait ensuite laisseï' aux ennemis des Juils le temps de se repentir et aux Juifs le tenqjs de bien connaître leurs ennemis obstines. Cette sage lenteur prouve la clémence de !Mardo-

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