ACTE IN, SCÈNE
Cette manœuvre ne lui vaudra aucun avantage, ni au gouvernement de Juda. Béthulie gardera le butin, les trophées et la gloire.
CHARMI.
Vous ne sauriez disposer de la gloire. Elle est inséparable de Yaoudith. Elle s’incarne en vous!
SAAPH.
Oui, chère merveille !
Tout vient du Seigneur qui m'a choisie et favorisée incroyablement.
Entendez-vous les voix ! Les nôtres ne s'arrètent de chanter votre hymne que pour adorer votre nom miraculeux.
(Un silence.) CHARMI, à Saaph.
Ainsi, les combats ont pris fin ?
SAAPH.
Nous ne trouvons plus rien à tuer!
CHARMI, à Judith.
Nous couperons demain soixante mille mains de captifs.
JUDITIL.
Soixante mille !
CHARMI.
Je vous laisse, chers enfants. Yaoudith, qui avez abattu l'ennemi déclaré du seul Dieu, vous saurez démasquer les hypocrites également redoutables à son prestige !
Allez en repos. Je n’écouterai pas les adulations des étrangers.
CHARMI.
Ah ! délivré d’adversaires sans vertu, si je pouvais prodiguer à Béthulie cette dernière flamme que l'Eternel a oubliée en moi, aux jours extrémes de mon existence ! (Prenant les têtes de Judith el de Saaph, les pressant l’une contre l’autre.) Le vieux pasteur, pour qui le songe de la vie se termine, bénit votre union du fond d’un cœur où l’innocence fut préservée !
(IL s'éloigne à grands pas.)