‹ JudithChapitre 115 sur 121 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

JUDITH, SAAPH.

SAAPH.

C'est un homme aimable et bienveillant. Mais il a tort de rapprocher de votre immortel exploit la lutte oratoire qu’il a soutenue contre Ruben!

Quoi de plus naturel ! Ce que les yeux n’ont pas vu existe si peu. | SAAPH.

RER (Il baise les mains de Judith.)

Cher Saaph:

Mon cœur chéri.

Quelle fumée !

SAAPH.

L'incendie du camp ne cesse de s'étendre.

Le butin n’en sera pas moins prodigieux. Regardez tout ce qui monte et descend le chemin. Ne dirait-on pas deux bandes interminables de fourmis? Ah! jamais prodige du Seigneur n'’égala ceci! Dans la vallée, le camp des Assyriens en flammes. Là-haut, plus loin que les rochers rouges, sur le dernier retranchement, la tête d'Holopherne. Et près de moi, assise, la pourvoyeuse de cette potence. (Souriant.) Voilà... Je tiens le cher bras si doux, la droite formidable qui arracha de sa tige ce rouge tournesol pour le piquer au rempart de Béthulie !

Mais quelle fumée! Et, de ce côté, toutes ces hirondelles... Une poignée de cendres dans l’azur! Leur vol s’abaisse, les grandes pluies sont bien proches.

SAAPH.

Là, sur mon cœur, votre main! Et puis, plongez en moi ce regard céleste. Que votre esprit m'ordonne de prendre conscience de mon bonheur !

N’êtes-vous pas heureux ?

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