ACTE II, SCÈNE
SAAPH.
Je ne sais. Je ne me guéris pas de cette terrible séparation... J'ai tant souffert! Je ne m’explique même pas toute ma souffrance... cette main mystérieuse qui m'effleurait et dont mon âme frissonnait si longuement. Ma Yaoudith, demain nous célébrons nos noces, demain je suis ton époux. Donne-moi maintenant le premier baiser de tes lèvres!
Viens.
(Son bras enlace le cou de Saaph. Un profond baiser. D'un brusque mouvement, Saaph se détache.)
SAAPH.
Tu es toute pâle, Yaoudith!... Et tu pâlis encore!
JUDITH, faiblement.
Je t'aime...
La tendre audace de ton baiser, fondant en moi comme un raisin délicieux, m’a mis au supplice... Pourquoi me fais-tu ce mal?... Mais quelle pâleur!... (Epouvanté.) Yaoudith!
JUDITH, au désespoir:
Saaph.….
SAAPH.
Quoi ?
Saaph... à mon secours! , : SAAPH.
Parle!
Oh! non...
SAAPÏ, violent.
A l'instant même!
Saaph... toi si droit, si fervent, crois-tu…
SAAPH.
Crois-tu ?
Crois-tu... qu’on puisse aimer sans le savoir ? |
SAAPH.
Parle, Yaoudith!
Crois-tu qu’un être puisse. puisse tuer l'être qu'il aime?
SAAPH.
Horreur !